La publication du rapport sur l’emploi américain a rebattu les cartes sur les marchés des métaux précieux. L’or a clôturé la séance de lundi à 4.475,80 dollars l’once, en hausse de 1 %, après avoir même touché 4.477,20 dollars en cours de journée. Le métal jaune évolue désormais nettement au-dessus de sa moyenne mobile à 50 jours, qui se situe à 4.173 dollars.
Un marché du travail qui change la donne
Les chiffres de juillet ont pris tout le monde de court. Au lieu des 80.000 créations de postes attendues, l’économie américaine a enregistré une destruction nette de 23.000 emplois. Les deux mois précédents ont par ailleurs été révisés à la baisse de 103.000 postes au total. Cette dégradation inattendue a immédiatement pesé sur les rendements des bons du Trésor et fait reculer l’indice du dollar d’environ 0,2 à 0,3 point — une aubaine pour l’or, qui devient mécaniquement plus abordable pour les acheteurs hors zone dollar.
Le marché a rapidement ajusté ses anticipations. Selon l’outil FedWatch du CME, la probabilité d’un relèvement des taux en septembre n’est plus que de 31 %, contre près de 50 % avant la publication des données et 51 % il y a un mois. L’inflation reste docile, tandis que la confiance des consommateurs et les ventes au détail donnent des signes de faiblesse manifestes.
Banques centrales : un appétit qui ne se dément pas
La demande institutionnelle continue de jouer les amortisseurs. Pékin a ainsi étoffé ses réserves d’environ 20 tonnes en juillet, portant à 21 mois consécutifs la série d’acquisitions de la banque centrale chinoise — même si une autre source évoque un chiffre de 15 tonnes pour le mois de juin, ce qui correspondrait au vingtième achat d’affilée. Varsovie n’est pas en reste : la Pologne a ajouté 51 tonnes à ses réserves au deuxième trimestre.
Le tableau est plus contrasté du côté de la demande privée. L’Inde, deuxième consommateur mondial, voit ses importations nettes chuter de 23 % sur un an au deuxième trimestre, conséquence directe du relèvement des droits de douane à l’importation, passés de 6 à 15 %. En Chine, la structure de la demande évolue : les achats de bijoux reculent au profit des lingots et des pièces, signe que les investisseurs privilégient la valeur refuge à la parure.
Entre tensions géopolitiques et marché pétrolier serein
Le contexte international demeure chargé. Israël a de nouveau frappé des cibles au Liban ce week-end, tandis que Washington prépare de nouvelles sanctions économiques contre Téhéran. Les espoirs de paix au Proche-Orient, évoqués dimanche lors de pourparlers au Caire, n’ont pas suffi à apaiser les inquiétudes.
Le marché pétrolier, lui, reste étonnamment calme. Les producteurs de la région continuent d’acheminer des millions de barils par le détroit d’Ormuz, ce qui maintient les cours stables et écarte le spectre d’une poussée inflationniste. Cette combinaison — incertitude politique sans pression sur les prix — confine l’or dans une fourchette de négociation étroite.
Une marge de progression encore conséquente
Malgré ce regain de vigueur, le métal jaune reste environ 20 % sous son record historique de 5.586,20 dollars, atteint en janvier. L’indicateur RSI, à 66,2, témoigne d’une dynamique positive sans pour autant signaler de surachat.
Tous les regards se tournent désormais vers la réunion de Jackson Hole, où le président de la Fed, Kevin Warsh, doit prendre la parole. Les minutes du FOMC, attendues mercredi, devraient également fournir des indications précieuses sur la trajectoire monétaire à venir. D’ici là, trois forces continuent de soutenir l’or : des anticipations de taux en berne, des risques géopolitiques persistants et des banques centrales jamais rassasiées.
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