Le métal jaune traverse une phase de consolidation douloureuse. À 4 510,50 dollars l’once vendredi, l’or accuse une baisse de 0,65 % sur la séance et signe sa deuxième semaine consécutive de repli. Depuis son sommet annuel de 5 450 dollars atteint fin janvier, l’écart se creuse à 17 %. Pourtant, les banques centrales n’ont jamais autant acheté.
La Fed verrouille les perspectives de détente
Le gouverneur de la Fed, Christopher Waller, a récemment jeté un froid en suggérant que l’institution ne pouvait plus maintenir son cap accommodant. Les marchés intègrent désormais une probabilité de 55 % pour un relèvement de 25 points de base d’ici octobre 2026. Cette perspective pèse lourdement sur l’or : des taux plus élevés renchérissent le coût d’opportunité du métal non rémunéré. Dans le même temps, l’indice des prix à la consommation américain a grimpé à 3,8 % en avril, tandis que le blocage du détroit d’Ormuz depuis fin février maintient le pétrole au-dessus des 100 dollars – deux facteurs qui confirment la pression inflationniste.
L’Inde aussi freine la demande
Nouveau coup de frein asiatique : l’Inde, deuxième consommateur mondial d’or, a relevé ses droits d’importation de 6 à 15 %. Objectif : protéger ses réserves de change. Conséquence immédiate : une baisse attendue de la demande physique, qui pèse sur les cours internationaux. Les analystes jugent l’effet palpable à court terme.
Du côté géopolitique, les discussions entre les États-Unis et l’Iran progressent – le secrétaire d’État Marco Rubio évoque des « avancées légères ». Une désescalade réduirait la prime de safe-haven qui avait soutenu le métal.
La zone des 4 500 dollars tient bon
Chartiquement, le seuil des 4 500 dollars constitue le dernier rempart avant un possible glissement vers 4 400 dollars. Le RSI, à environ 50, indique une phase d’orientation neutre, ni surachat ni survente. Le cours évolue 3,4 % sous sa moyenne mobile à 50 jours – un signal technique d’alerte, mais pas une rupture de tendance.
Sur le front hebdomadaire, l’or perd près de 1 %, et près de 5 % sur un mois. La pression vendeuse est réelle, mais des signes de stabilisation émergent.
Les banques centrales creusent un plancher
Justement, l’institutionnel continue d’acheter sans relâche. Selon le World Gold Council, les banques centrales ont engrangé 244 tonnes nettes au premier trimestre 2026, soit une progression de 3 % par rapport à l’année précédente. La Pologne mène la danse avec l’objectif affiché de porter ses réserves à 700 tonnes. L’Ouzbékistan suit le mouvement. Goldman Sachs maintient son objectif de 5 400 dollars d’ici fin 2026, misant sur cette demande structurelle motivée par une diversification hors du dollar.
Par ailleurs, les flux ETF ont renoué avec le vert en avril, pour la première fois depuis des mois. Si la tendance se confirme en mai, une base solide pour un rebond estival se dessinerait.
Des objectifs ambitieux malgré la tempête
Les grandes banques d’investissement restent confiantes à long terme. J.P. Morgan voit l’or à 6 000 dollars d’ici la fin de l’année. La Deutsche Bank, plus audacieuse, évoque 8 000 dollars, portée par l’endettement public croissant et la fragmentation géopolitique. Mais à très court terme, tout dépendra de la tenue du support à 4 500 dollars. S’il cède, le marché pourrait tester la zone suivante à 4 400 dollars. En cas de maintien, une remontée vers la résistance des 4 878 dollars est envisageable.
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