Le métal jaune a terminé la semaine sur une note hésitante, pénalisé par des statistiques américaines plus robustes que prévu. Vendredi, l’once a cédé 1,0 % pour clôturer à 4 430,09 dollars, les opérateurs intégrant la perspective d’une Fed moins encline à assouplir sa politique monétaire. Sur sept jours, le recul atteint 0,5 %, tandis que le cours affiche néanmoins une progression de 4,3 % sur un mois.
Reste que ce mouvement de repli, dicté par les anticipations de taux, masque une réalité plus nuancée : l’once évolue à 4,4 % au-dessus de sa moyenne mobile à 50 jours, mais accuse un retard de 2,2 % sur sa moyenne à 200 jours. Une configuration technique neutre, qui traduit l’absence de direction claire à court terme.
Un appétit officiel qui se tasse, sans se démentir
Derrière la volatilité quotidienne, les instituts d’émission continuent de jouer les piliers du marché. Leur cumul d’achats depuis janvier atteint environ 130 tonnes, contre quelque 160 tonnes un an plus tôt. Un ralentissement certain, mais qui ne remet pas en cause le rôle structurant de ces acteurs.
Le deuxième trimestre 2026 illustre d’ailleurs la vigueur persistante de cette demande : les banques centrales ont acquis 288,9 tonnes nettes, soit une hausse de 62,4 % par rapport aux 177,9 tonnes du printemps 2025. Ce chiffre contraste nettement avec les 56,5 tonnes engrangées au premier trimestre, preuve d’un comportement d’achat par à-coups plutôt que d’un désengagement progressif.
Les pays émergents tirent principalement ce mouvement. La Chine a ainsi ajouté 20 tonnes à ses réserves depuis le début de l’année, la Pologne 8 tonnes. En mai déjà, Varsovie (18 tonnes), Pékin (10 tonnes), Tachkent (9 tonnes) et Astana (7 tonnes) avaient ensemble porté les réserves officielles à un accroissement net de 41 tonnes.
Une appétence déclarée qui contraste avec les flux réels
L’enquête du World Gold Council menée entre le 5 février et le 19 mai 2026 auprès de 76 banques centrales confirme cette orientation : 89 % des institutions interrogées anticipent une poursuite de la hausse des réserves mondiales d’or sur les douze prochains mois. Un second sondage, réalisé en juin auprès de 74 instituts, fait même état d’un record historique : 45 % des répondants envisagent d’accroître leurs achats, le niveau le plus élevé depuis le lancement de cette étude en 2018.
Cet écart entre les intentions déclarées et le rythme effectif des acquisitions depuis janvier interroge. Faut-il y voir une pause tactique dictée par des cours déjà fortement appréciés, plutôt qu’une remise en cause des stratégies de diversification ? Les données à venir du World Gold Council permettront de trancher.
ETF et offre minière : deux signaux contradictoires
Côté investisseurs occidentaux, le tableau est plus contrasté. Le principal ETF aurifère mondial a enregistré sa septième semaine consécutive de souscriptions au 2 septembre, portant ses avoirs à environ 1 057 tonnes. Les institutionnels semblent donc maintenir, voire renforcer, leurs positions malgré la faiblesse récente des cours.
Pourtant, les flux du deuxième trimestre racontent une autre histoire : les fonds adossés à l’or ont subi des rachats nets de 45 tonnes, et les volumes d’échanges sur ces véhicules ont chuté de 29,1 % en juillet par rapport à juin, pour retomber à 5 milliards de dollars par jour en moyenne.
Sur le front de l’offre, les signaux divergent également. Le World Gold Council fait état d’une production minière mondiale de 3 671,6 tonnes en 2025, en hausse de 0,6 % sur un an, tandis que l’Afrique du Sud a enregistré une progression de 6,2 % en juin en rythme annuel. Mais des nuages s’amoncellent : chez Sibanye-Stillwater, un débrayage potentiel de quelque 750 employés menace les opérations de la mine Stillwater East et des installations de traitement de Columbus. Ces sites ont contribué à hauteur de 76 334 onces sur les 137 930 extraites au premier semestre, soit environ 55 % de la production totale du groupe.
S&P Global anticipe par ailleurs un pic de l’offre mondiale en 2026, à 110 millions d’onces, avant un reflux attendu à 103 millions d’onces d’ici 2028. De quoi renforcer, à moyen terme, le rôle de la demande officielle comme principal soutien des cours.
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