Trois nouveaux parcs solaires viennent renforcer la coentreprise nord-américaine que TotalEnergies partage à parts égales avec le fonds d’investissement KKR. L’opération, annoncée conjointement par les deux partenaires, porte sur un portefeuille valorisé 1,2 milliard de dollars et constitue une nouvelle étape dans l’expansion du groupe tricolore sur le marché américain de l’électricité, réputé pour ses marges attractives.
Les installations concernées, situées au Texas et dans l’Ohio, totalisent une capacité de 700 mégawatts. Créée en 2025, la structure commune alignait jusqu’ici 1,4 gigawatt d’actifs; l’apport de ces trois sites porte l’ensemble à environ 2,1 gigawatts. Particularité de l’accord: TotalEnergies continuera d’exploiter les centrales une fois la transaction bouclée. La mise en service commerciale est attendue d’ici au premier trimestre 2027, et l’électricité produite est en partie déjà couverte par des contrats de fourniture, le solde devant être écoulé via les canaux de commercialisation du groupe.
La finalisation de l’accord est envisagée au cours de l’année 2026, sous réserve des conditions d’usage. Les deux associés n’ont pas détaillé la répartition entre fonds propres et dette pour ce portefeuille de 1,2 milliard de dollars.
Une stratégie de croissance sans perte de contrôle
Cette transaction s’inscrit dans la feuille de route de long terme du groupe, qui entend se muer en producteur d’électricité diversifié sans renier son héritage pétrolier et gazier. À fin juin 2026, TotalEnergies affichait une capacité brute dans les renouvelables supérieure à 37 gigawatts, avec un objectif de production nette annuelle dépassant 100 térawattheures à l’horizon 2030. Le recours à des partenaires financiers tels que KKR permet de mobiliser du capital de croissance tout en conservant la mainmise opérationnelle sur les capacités installées.
À la Bourse, le titre a salué l’annonce lundi par une progression de 2,6 % à 78,95 euros. Cette avancée s’ajoute à une performance déjà solide: la valeur affiche un gain de 37 % depuis le début de l’année, après une séance de vendredi conclue en légère hausse de 0,3 % à 76,91 euros.
Pouyanné crée la polémique, le groupe recadre
En parallèle de ces développements industriels, une sortie de Patrick Pouyanné a contraint TotalEnergies à publier une mise au point vendredi. Le PDG avait affirmé, lors du Energy Intelligence Forum, préférer un monde marqué par les bouleversements à un monde pacifié, arguant que les groupes intégrés disposant de portefeuilles mondiaux absorbent mieux ce type de secousses. La direction a tenu à préciser que ces propos renvoyaient à la résilience des chaînes d’approvisionnement internationales et à la sécurité de l’approvisionnement énergétique, et que le groupe ne souhaitait en aucun cas l’instabilité ni les conflits.
Ce débat sur la capacité d’adaptation du géant énergétique intervient à un moment charnière. Le 28 septembre, l’entreprise a dévoilé sa stratégie prévoyant une croissance annuelle de 4 % de sa production d’énergie jusqu’en 2030, assortie d’un programme de rachats d’actions de 2,5 milliards de dollars au quatrième trimestre 2026.
Sur le front opérationnel, le prestataire SLB a annoncé jeudi la signature d’un contrat de quinze ans portant sur le déploiement de son logiciel de planification de forage DrillPlan dans l’ensemble des activités amont de TotalEnergies à l’échelle mondiale. Les termes financiers de cet accord n’ont pas été divulgués.
Les investisseurs se tourneront le 29 octobre vers la publication des résultats du troisième trimestre 2026. Au-delà des chiffres, l’avancement des retours de capital et la concrétisation des programmes d’investissement annoncés retiendront l’attention des observateurs.
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