Le titre Valneva évolue dangereusement près de son plus bas des cinquante-deux semaines, à 2,21 euros, après avoir cédé 3,02 % vendredi. Depuis le début de l’année, la dégringolade atteint 42,31 %, et l’écart avec la moyenne mobile à 200 jours avoisine 36 %. Le RSI à 37,3 frôle la zone de survente, sans que le marché y voie un signal de retournement.
Un élément pèse en particulier sur l’action : la levée de fonds de 37 millions d’euros brut réalisée en avril, qui a dilué les actionnaires et dont l’effet continue de se faire sentir. Le groupe a parallèlement renégocié sa dette : une ligne de crédit de 500 millions de dollars auprès de Pharmakon Advisors a été repoussée au quatrième trimestre 2030, offrant un répit financier.
Le management a lancé un plan d’économies radical. Il prévoit une réduction des effectifs de 10 à 15 % dans le monde et une baisse des coûts opérationnels de 25 à 35 % d’ici 2026 par rapport à 2025. L’objectif affiché est de compenser le coup de frein sur les ventes de vaccins de voyage, qui a conduit à une révision des prévisions : le chiffre d’affaires produits 2026 est désormais attendu entre 135 et 150 millions d’euros, contre 145 à 160 millions auparavant. Au premier trimestre, les revenus ont déjà reculé à 30,9 millions d’euros, contre 49,2 millions un an plus tôt, en raison notamment de l’arrêt des ventes de produits tiers et de livraisons gouvernementales reportées.
Ce plan de restriction n’a toutefois pas empêché la trésorerie de souffrir. Valneva affiche une perte nette de 32,1 millions d’euros et un EBITDA ajusté négatif de 18,2 millions sur le trimestre. Mais le flux de trésorerie opérationnel s’est nettement amélioré, avec un décaissement de seulement 0,3 million d’euros. Au 31 mars, la trésorerie s’élevait à 105,3 millions d’euros, montant auquel s’ajoutent les 37 millions levés en avril.
Un autre chantier stratégique a été validé lors de l’assemblée générale de fin juin : le transfert du siège social à Lyon. Cette décision doit concentrer les activités françaises et réduire les frais administratifs, dans le cadre d’une transformation visant l’autonomie financière en 2027. Parallèlement, le conseil d’administration a été renouvelé : le Dr Gerd Zettlmeissl, figure de l’industrie vaccinale, en prend la présidence, tandis qu’Anne-Marie Graffin devient vice-présidente. Un signal jugé favorable par les observateurs, qui y voient un virage vers une gestion plus commerciale, la R&D étant désormais pilotée depuis Vienne.
Côté réglementaire, une bonne nouvelle est tombée pour le vaccin chikungunya IXCHIQ. Le comité de sécurité PRAC de l’Agence européenne du médicament (EMA) a validé les protocoles actualisés d’études de suivi à long terme (VLA1553-403 et VLA1553-406) lors de sa réunion achevée le 9 juillet. Ces données serviront à la surveillance clinique post-commercialisation. Mais le retrait d’Ixchiq du marché américain, consécutif à une suspension par la FDA et à un nouveau signal de sécurité grave, reste une ombre au tableau.
C’est pourtant le candidat vaccin contre la borréliose de Lyme, développé avec Pfizer, qui concentre les regards. Connu sous le code PF-07307405 (ou LB6V), il a montré une efficacité de plus de 70 % dans les études cliniques (environ 73 % selon Pfizer). Pfizer prévoit de déposer les dossiers d’homologation auprès de la FDA et de l’EMA dans la seconde moitié de 2026. Mais le chemin n’est pas dégagé : la phase 3 VALOR a manqué son critère principal en raison de taux d’infection anormalement bas dans les groupes étudiés, et la borne inférieure de l’intervalle de confiance à 95 % a glissé sous le seuil exigé de 20 %. La direction interne évoque une « négociation » avec les autorités sanitaires, et non une voie assurée.
Investisseurs et analystes guettent désormais deux jalons majeurs pour la seconde moitié de l’exercice : le dépôt réglementaire pour le vaccin anti-Lyme et les résultats de phase 2 du candidat Shigella S4V2, développé avec LimmaTech Biologics. Si la réduction des coûts parvient à stabiliser les comptes sans nécessiter de nouvelle augmentation de capital, la possibilité d’un plancher se dessine. Dans le cas contraire, la faiblesse persistante de la demande de vaccins de voyage et l’incertitude réglementaire pourraient entraîner le titre vers de nouveaux plus bas.
Publicité
Actions Valneva: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de Valneva et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de Valneva entièrement gratuite : En savoir plus ici !

