L’action Valneva traverse une zone de turbulences rares. Depuis le début de l’année, le titre a perdu près de 38 % de sa valeur, et le 52-week high semble désormais hors de portée, à plus de 53 % au-dessus du cours actuel. Pourtant, trois analystes sur cinq recommandent encore l’achat. Ce paradoxe apparent trouve son explication dans la promesse d’une pipeline qui, si elle se concrétise, pourrait radicalement changer la donne.
Une enquête qui assombrit l’horizon
Le coup le plus dur est venu le 23 mars 2026. Ce jour-là, Valneva et son partenaire Pfizer ont annoncé les résultats de l’étude de phase 3 VALOR pour leur vaccin contre la borréliose. Les données ont été qualifiées de « positives » par les deux sociétés, mais le critère principal d’évaluation n’a pas été atteint. La raison invoquée : une incidence trop faible de la maladie dans la population étudiée.
Cette communication a immédiatement déclenché une onde de choc. Les American Depositary Receipts (ADR) cotés aux États-Unis ont plongé de plus de 37 % en une seule séance. Et le mouvement ne s’est pas arrêté là. Aujourd’hui, le titre s’échange à 2,40 euros à Paris, dangereusement proche de son plus bas sur 52 semaines, à 2,37 euros.
Le cabinet d’avocats américain Pomerantz LLP a ouvert une enquête pour déterminer si la direction de Valneva a trompé les investisseurs en présentant ces résultats sous un jour trop favorable. Une procédure pour suspicion de fraude boursière qui tombe au plus mal pour le groupe, alors que les marchés lui tournent déjà le dos.
Des analystes divisés, mais pas tous pessimistes
Face à cette situation, les avis divergent fortement. Guggenheim a maintenu sa recommandation d’achat, mais a réduit son objectif de cours de 13 à 11 dollars, tout en abaissant la probabilité de succès du vaccin contre la borréliose à 65 %. Jefferies reste également acheteur, avec un objectif inchangé de 15 dollars, arguant que le vaccin a atteint une significativité statistique dans une analyse modifiée, même si le critère principal a été manqué de peu.
À l’opposé, Goldman Sachs a dégradé le titre à « Vendre » et fixé un objectif de cours à 2,15 euros, soit un niveau très proche du cours actuel. Le consensus global reste à « Conserver », avec un objectif moyen de près de 12 dollars — un écart considérable qui reflète l’incertitude sur la capacité de la pipeline à compenser les déceptions.
Des fondamentaux solides mais sous pression
Sur le plan opérationnel, Valneva tient bon. Le chiffre d’affaires 2025 s’est établi à 174,7 millions d’euros, conforme aux prévisions. La perte nette de 115,2 millions d’euros s’explique principalement par l’absence d’un produit exceptionnel qui avait gonflé le résultat de l’exercice précédent. Pour 2026, la direction anticipe des revenus compris entre 155 et 170 millions d’euros, pénalisés par la fin de certains contrats de partenariat.
Le premier trimestre 2026, dont les résultats seront publiés le 7 mai, devrait confirmer cette tendance. Guggenheim table sur un chiffre d’affaires de 49,1 millions d’euros, nettement au-dessus du consensus de 45,1 millions. Ixiaro, le vaccin contre l’encéphalite japonaise, devrait être le principal contributeur, tandis que Dukoral, le vaccin contre le choléra, est attendu à 12,5 millions d’euros. La perte opérationnelle estimée à 6,8 millions d’euros serait inférieure aux 8,9 millions anticipés par le marché, et la perte par action à 0,05 euro contre 0,07 euro attendu.
La pipeline reste le véritable moteur
Si le segment des vaccins de voyage stabilise le groupe, c’est bien le candidat VLA15 contre la borréliose qui concentre tous les espoirs. Malgré l’échec sur le critère principal, Pfizer maintient son intention de déposer des demandes d’autorisation aux États-Unis et en Europe d’ici la fin de l’année, sous réserve que les données finales le justifient. En cas de feu vert, Valneva recevrait des paiements d’étape de 143 millions de dollars à court terme, ainsi que des redevances comprises entre 14 et 22 %. 100 millions de dollars supplémentaires sont conditionnés à des jalons ultérieurs.
Par ailleurs, un autre candidat commence à attirer l’attention : le vaccin contre la shigellose, dont les premières données de phase 2 sont attendues pour le milieu de l’année 2026. De quoi offrir une diversification bienvenue à une pipeline qui en a cruellement besoin.
Les résultats du premier trimestre, le 7 mai, seront scrutés de près. Ils diront si le cœur de métier de Valneva est assez solide pour traverser la tempête judiciaire et clinique, et si la promesse du vaccin contre la borréliose peut encore convaincre les investisseurs.
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