L’action Valneva traverse une zone de turbulences inédite. À 2,34 euros, le titre a touché vendredi son plus bas niveau depuis un an, portant sa dépréciation à près de 40 % depuis le début de l’année. Un décrochage qui conjugue une enquête pour violations présumées des lois sur les valeurs mobilières et une dégradation retentissante de la part de Goldman Sachs.
Goldman Sachs passe à la vente
La banque d’affaires américaine a infligé un nouveau coup dur au laboratoire français. Ses analystes ont abaissé leur recommandation de « neutre » à « vendre », tout en réduisant l’objectif de cours de 3,25 à 2,15 euros. Une décision motivée par les déboires accumulés ces douze derniers mois : l’échec du test VALOR sur le candidat vaccin contre la borréliose et le retrait du vaccin IXCHIQ contre le chikungunya aux États-Unis.
Cette dégradation contraste avec l’optimisme affiché par d’autres bureaux d’études. Jefferies maintient un objectif de 15 dollars et une recommandation d’achat, tandis que Guggenheim, bien qu’ayant légèrement réduit sa cible à 11 dollars, reste à l’achat.
L’ombre de Pomerantz plane sur le management
Le volet judiciaire ajoute une couche d’incertitude. Le cabinet d’avocats américain Pomerantz examine d’éventuelles infractions commises par la direction. L’enquête se concentre sur le communiqué du 23 mars 2026, dans lequel Valneva présentait comme positifs les résultats de son essai clinique sur le vaccin contre la borréliose, alors que le candidat n’avait pas atteint son critère principal d’évaluation. Ce jour-là, l’action s’était effondrée de 37 %. Aucune plainte formelle n’a encore été déposée, mais l’épée de Damoclès judiciaire pèse sur le cours.
Le pari brésilien d’IXCHIQ
Si le marché américain reste verrouillé pour le vaccin contre le chikungunya — la FDA ayant suspendu la licence en août 2025, suivie par l’agence britannique MHRA en février 2026 — Valneva engrange des succès ailleurs. Au Brésil, une campagne pilote a déjà permis de vacciner plus de 12 000 personnes. Le groupe a promis de fournir jusqu’à 500 000 doses au ministère brésilien de la Santé.
En Europe et au Canada, les discussions avec les autorités sanitaires se poursuivent normalement. Les ventes d’IXCHIQ y ont même progressé récemment, tandis que d’autres produits comme le vaccin contre l’encéphalite japonaise IXIARO maintiennent une demande stable.
Pfizer tient la barre
Malgré l’échec du critère principal de l’étude VALOR, le partenaire américain Pfizer reste engagé dans le développement du vaccin contre la borréliose. Les deux sociétés préparent les dossiers de demande d’autorisation aux États-Unis et en Europe, avec un dépôt attendu d’ici la fin de l’année. En cas de succès, Valneva recevrait des paiements d’étape immédiats de 143 millions de dollars, auxquels s’ajouteraient 100 millions supplémentaires et des redevances sur les ventes futures.
Le 7 mai, un test décisif
Le prochain rendez-vous majeur est fixé au 7 mai, avec la publication des résultats du premier trimestre. Guggenheim anticipe un chiffre d’affaires de 49,1 millions d’euros, légèrement au-dessus des attentes du marché. Ce rapport sera scruté de près : il devra démontrer que les ventes européennes peuvent compenser les pertes américaines.
Pour l’ensemble de 2026, la direction table sur un chiffre d’affaires maximal de 170 millions d’euros, après 175 millions l’an dernier. Les liquidités disponibles, qui s’élevaient à environ 110 millions d’euros en fin d’exercice, et la réduction de 21 % de la consommation de trésorerie offrent une marge de manœuvre, mais l’horizon reste chargé de nuages jusqu’à la levée des incertitudes juridiques et réglementaires.
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