L’action Valneva, cotée à 2,57 euros, navigue en eaux troubles. Le titre a perdu près de la moitié de sa valeur sur un mois, chutant de 46%, et se rapproche dangereusement de son plus bas de l’année. Depuis le début de l’exercice, la dépréciation atteint 33%, un effondrement qui contraste avec le calendrier chargé de rendez-vous opérationnels et financiers que s’apprête à affronter le biopharmaceutique.
La source immédiate de cette défiance boursière remonte à fin mars, avec la publication des données mitigées de l’étude de phase 3 VALOR pour le vaccin candidat contre la maladie de Lyme, développé en partenariat avec Pfizer. Si le vaccin a démontré une efficacité d’environ 74% dans une analyse modifiée, il a manqué de justesse son critère d’évaluation principal statistique, affichant 73,2% d’efficacité dans l’analyse per-protocole. Cette déception a déclenché une vague de vente.
La réaction des analystes a été rapide. La banque d’investissement Guggenheim a révisé à la baisse son prix cible, le faisant passer de 13 à 11 dollars américains, tout en maintenant sa recommandation « Acheter ». Elle a simultanément abaissé la probabilité de succès du programme Lyme à 65%. Malgré ce revers, Pfizer maintient son calendrier et prévoit de soumettre les dossiers de réglementation pour approbation au cours du second semestre 2026.
Cette incertitude clinique est aujourd’hui doublée d’une pression juridique. Le cabinet d’avocats américain Pomerantz mène une enquête pour déterminer si Valneva et ses dirigeants auraient pu induire les investisseurs en erreur. Cette ombre légale pèse lourdement sur la perception du titre.
Pourtant, l’activité opérationnelle offre quelques points d’ancrage. Les prévisions de Guggenheim pour le premier trimestre 2026 tablent sur un chiffre d’affaires total de 49,1 millions d’euros, dépassant le consensus du marché établi à 45,1 millions. Cette performance attendue serait portée par les vaccins voyage : Ixiaro (environ 28 M€) et Dukoral (12,5 M€). La banque anticipe également une perte opérationnelle trimestrielle de 6,8 millions d’euros, un résultat moins sévère que les 8,9 millions d’euros redoutés par les analystes.
Sur le front du vaccin contre le chikungunya, IXCHIQ, la situation est contrastée. Le marché américain reste fermé après le retrait volontaire de la demande d’autorisation en janvier, suite à des signalements d’effets secondaires graves chez des patients âgés. En revanche, le Brésil constitue une lueur d’espoir avec un programme pilote actif dans dix municipalités, où plus de 12 000 doses ont déjà été administrées. Les revenus internationaux liés à IXCHIQ sont estimés à 3,3 millions d’euros pour le T1 2026.
Financièrement, la société dispose d’une marge de manœuvre avec une trésorerie d’environ 110 millions d’euros. Le chiffre d’affaires annuel 2025 s’est établi à 174,7 millions d’euros, conforme aux prévisions.
Les prochains mois seront décisifs pour tenter de renverser la tendance. La publication des résultats du premier trimestre 2026 est attendue le 7 mai. Le management rencontrera ensuite les investisseurs à Nice le 21 mai, poursuivant une série de présentations qui a inclus un récent arrêt à Amsterdam. Le pipeline vaccinal promet aussi des données importantes : les résultats d’immunogénicité de phase 2 pour le candidat vaccin contre la shigellose chez les enfants sont prévus au premier semestre, suivis plus tard dans l’année par les données d’une étude chez les adultes.
Alors que Jefferies maintient un prix cible optimiste de 15 dollars avec une recommandation d’achat, la capacité de Valneva à restaurer la confiance dépendra de sa faculté à transformer ces rendez-vous en nouvelles positives tangibles, dans un contexte où chaque annonce sera scrutée à la loupe.
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