L’action Valneva, cotée à Paris, navigue en eaux troubles. À 2,38 euros, elle évolue à un cheveu de son plus bas annuel de 2,37 euros, affichant un repli d’environ 38% depuis janvier. Cette volatilité, annualisée à plus de 100%, reflète les défis immédiats du laboratoire, dont l’avenir commercial repose désormais largement sur les épaules de son vaccin contre le chikungunya, IXCHIQ.
Le marché américain, clé de voûte potentielle, reste fermé. Suite à la suspension de l’autorisation par la FDA en août 2025 et à un signal de sécurité, Valneva a retiré ses demandes d’homologation début 2026. L’horizon pour un retour aux États-Unis est complètement incertain. En contrepoint, le groupe déploie une stratégie de substitution au Brésil. En partenariat avec l’Instituto Butantan, une campagne pilote est en cours dans dix municipalités. Plus de 12 000 personnes ont déjà été vaccinées, avec un objectif de couverture de 20 à 40% dans la population cible. Valneva fournit jusqu’à 500 000 doses gratuitement pour cette initiative, qui sert également de base à des études post-commercialisation en vie réelle.
En Europe et au Canada, IXCHIQ est autorisé pour les personnes de douze ans et plus, tandis que le Royaume-Uni et le Brésil le réservent aux adultes de 18 à 59 ans. Le profil du vaccin est solide : des données sur quatre ans montrent une persistance des anticorps chez 95% des participants après une seule dose. Des résultats positifs chez les adolescents et dans une étude de phase 2 pédiatrique pourraient soutenir des extensions d’indication.
Parallèlement, l’autre programme majeur, le vaccin contre la maladie de Lyme LB6V (anciennement VLA15) développé avec Pfizer, avance malgré des complexités statistiques. L’essai de phase 3 VALOR a démontré une efficacité de 73% chez les personnes de cinq ans et plus. Cependant, un taux d’infection plus faible que prévu a conduit à manquer le critère principal statistique lors de la première analyse pré-spécifiée, un objectif finalement atteint lors de la seconde analyse. Pfizer, convaincu par le dossier, prévoit de soumettre des demandes d’autorisation à la FDA (BLA) et à l’EMA (MAA) en 2026.
Le mécanisme d’action de LB6V est préventif : il induit des anticorps contre la protéine OspA de Borrelia burgdorferi. Lorsqu’une tique pique une personne vaccinée, elle ingère ces anticorps, empêchant les bactéries de la quitter pour infecter l’hôte. Un schéma complet nécessite quatre doses, avec possiblement des rappels réguliers. Une autorisation déclencherait pour Valneva des paiements conditionnels immédiats de 143 millions de dollars, assortis de redevances comprises entre 14% et 22%. Des versements supplémentaires pourraient atteindre 100 millions de dollars.
Cette perspective est cruciale pour équilibrer les comptes. En 2025, le chiffre d’affaires total s’est établi à 174,7 millions d’euros, dont 157,9 millions provenant des ventes de produits, soutenus en grande partie par la collaboration avec Pfizer. La trésorerie de fin d’année était de 109,7 millions d’euros. Pour 2026, la direction anticipe un recul des revenus, situés entre 155 et 170 millions d’euros, en raison du retrait planifié d’activités de commercialisation tierces.
Les prochains rendez-vous des actionnaires sont marqués au calendrier. Valneva publiera ses résultats du premier trimestre 2026 le 7 mai, offrant un premier indicateur sur la traction commerciale d’IXCHIQ en Europe. L’assemblée générale annuelle se tiendra le 1er juin. Dans l’intervalle, les investisseurs resteront attentifs à l’évaluation par les régulateurs du dossier statistique du vaccin Lyme et à la capacité d’IXCHIQ à générer des revenus significatifs en dehors des États-Unis.
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