À 2,27 euros, l’action Valneva ne se trouve plus qu’à 6 % de son plus bas des 52 dernières semaines. Le titre subit une triple pression : un prospectus de revente de titres tout juste activé, des résultats trimestriels en forte baisse et l’attente de données cliniques décisives sur le vaccin Shigella. L’assemblée générale, qui se tient dans les prochains jours à Lyon, s’annonce sous haute tension.
La Securities and Exchange Commission (SEC) américaine a donné son feu vert à un prospectus autorisant la revente de près de 31,6 millions d’actions Valneva. Sur ce total, 15,7 millions de titres sont déjà émis ; les 15,9 millions restants naîtront de l’exercice de bons de souscription (warrants). Ce dispositif fait suite à l’augmentation de capital bouclée fin avril, qui avait permis à Valneva de lever 84 millions d’euros – 37 millions immédiatement et jusqu’à 47 millions supplémentaires en cas d’exercice de tous les warrants. L’opération était pilotée par Frazier Life Sciences, avec le concours de nouveaux entrants comme Deep Track Capital, Cormorant Asset Management et Perceptive Advisors. Valneva ne perçoit aucun produit de ces reventes : le prospectus sert uniquement à offrir une sortie régulée aux investisseurs d’avril.
Les comptes du premier trimestre reflètent l’urgence de la situation. Le chiffre d’affaires s’est effondré de plus de 37 %, à 30,9 millions d’euros, sous l’effet d’une demande atone sur les vaccins du voyageur. La perte nette a grimpé à 32,1 millions d’euros. Face à ce décrochage, la direction a revu à la baisse ses prévisions pour 2026 : elle table désormais sur un chiffre d’affaires compris entre 135 et 150 millions d’euros, contre une fourchette de 145 à 160 millions auparavant.
Un plan de restructuration drastique a donc été enclenché. Valneva prévoit de supprimer 10 à 15 % de ses effectifs dans le monde et de réduire ses coûts opérationnels de 25 à 35 % cette année par rapport à 2025. L’objectif : redresser des comptes qui ne laissent guère de marge.
Côté trésorerie, le groupe disposait de 105 millions d’euros à fin mars – montant auquel s’ajoute l’apport net de l’augmentation de capital d’avril. La visibilité financière à court terme est donc assurée, mais le marché observe avec anxiété la suite.
Le principal catalyseur reste le pipeline. D’ici la mi-2026, Valneva attend les résultats de phase 2 de son vaccin tétravalent contre la shigellose, le S4V2. LimmaTech Biologics mène actuellement deux études sponsorisées – l’une sur la sécurité et l’immunogénicité chez les nourrissons, l’autre en modèle de provocation humaine. Si les données sont positives, Valneva reprendra l’intégralité du développement. La FDA a accordé en octobre 2024 le statut Fast-Track au candidat, et le management estime le marché mondial à plus de 500 millions de dollars par an. Aucun vaccin multivalent contre Shigella n’est aujourd’hui approuvé hors de Russie et de Chine.
Dans le même temps, le programme contre la maladie de Lyme, développé avec Pfizer, avance. Les données de phase 3 pour le LB6V font état d’une efficacité de 73 à 75 % chez les personnes de cinq ans et plus. La première analyse intermédiaire avait manqué de peu un critère statistique, mais la seconde l’a atteint. Pfizer prépare désormais les dossiers d’homologation.
L’assemblée générale des actionnaires se tient dans les jours qui viennent à l’hôtel Sofitel Lyon Bellecour. Peu après pourraient tomber les résultats de phase 2 du Shigella. Pour Valneva, le calendrier est serré : le potentiel de rebond est réel, mais la marge de manœuvre, elle, s’amenuise de semaine en semaine.
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