L’action Valneva, cotée à 2,58 euros à Paris, illustre un paradoxe saisissant du secteur biotech. D’un côté, le groupe annonce des résultats cliniques positifs pour son vaccin candidat contre la maladie de Lyme, le VLA15 (ou LB6V), développé avec Pfizer. De l’autre, le titre a perdu près d’un tiers de sa valeur depuis janvier et se négocie à plus de 33% en dessous de sa moyenne mobile à 50 jours, fixée à 3,84 euros. Cet écart reflète une défiance tenace des marchés, alimentée par des contentieux et des incertitudes commerciales persistantes.
Le cœur de cette défiance réside dans les suites complexes de l’étude de phase 3 VALOR. Bien que Valneva et Pfizer aient présenté des données montrant une efficacité de 73,2% dans la prévention des cas confirmés un mois après la quatrième dose, sans signal de sécurité notable, le candidat a échoué sur son critère d’évaluation principal. Cet échec, attribué à un nombre insuffisant de participants malades, a déclenché une vague de poursuites. La firme d’avocats américaine Pomerantz LLP a renouvelé son enquête pour fraude présumée sur titres le 21 avril 2026, alléguant que les investisseurs auraient été induits en erreur sur les perspectives du vaccin. Suite à l’annonce des données fin mars, les certificats américains (ADR) de Valneva avaient chuté de plus de 37%.
Malgré ce contexte juridique tendu, Pfizer maintient son engagement. Le géant pharmaceutique prévoit de soumettre les demandes d’autorisation de mise sur le marché dans la seconde moitié de 2026 : une Biologics License Application aux États-Unis et une Marketing Authorisation Application en Europe. La validation du vaccin déclencherait des paiements conditionnels immédiats de 143 millions de dollars pour Valneva, ainsi que des redevances comprises entre 14% et 22%, et jusqu’à 100 millions de dollars de paiements supplémentaires.
En attendant cette échéance, la pression commerciale repose sur les épaules du vaccin contre le chikungunya, IXCHIQ. Sa trajectoire est néanmoins mitigée. Aux États-Unis, Valneva a retiré volontairement ses demandes d’autorisation en janvier dernier après des signalements d’effets secondaires graves chez des patients âgés, conduisant les analystes à exclure tout revenu américain de leurs modèles. En revanche, une campagne de vaccination pilote au Brésil a déjà administré plus de 12 000 doses. Les comptes du premier trimestre 2026, attendus le 7 mai, devraient préciser la dynamique réelle de ce produit, qui a également obtenu une extension d’autorisation pour les adolescents en Europe en avril 2025.
Financièrement, la société affiche une base solide. Pour l’exercice 2025, le chiffre d’affaires total s’est établi à 174,7 millions d’euros, dont près de 158 millions provenaient de ventes directes de produits. Valneva a réduit son débit de trésorerie opérationnel de plus de 20% et clôturé l’année avec des réserves de liquidités d’environ 110 millions d’euros, lui offrant une marge de manœuvre après une restructuration de dette réussie. Le management a d’ailleurs confirmé ses prévisions financières pour l’année en cours.
Cette solidité fondamentale ne convainc pourtant pas pleinement la place. L’action, qui a touché un plus bas annuel à 2,37 euros, évolue désormais près d’un niveau de support technique autour de 2,50 euros, très loin de son plus haut sur un an à 5,16 euros. Certains analystes ajustent leurs perspectives, comme Guggenheim qui a abaissé son objectif de cours de 13 à 11 dollars tout en maintenant une recommandation d’achat. Le prochain rendez-vous, le 7 mai, constituera un test crucial pour évaluer si la réalité opérationnelle peut finalement rattraper la perception négative du marché.
Publicité
Actions Valneva: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de Valneva et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de Valneva entièrement gratuite : En savoir plus ici !

