L’alerte lancée cette semaine par les autorités sanitaires américaines (CDC) pourrait offrir un contexte inattendu à Valneva. L’agence prévoit une augmentation de la population de tiques pouvant atteindre 20% aux États-Unis pour la saison 2026, une projection qui met en lumière l’urgence de disposer de nouveaux outils de prévention. Cette menace épidémiologique survient à un moment charnière pour le spécialiste français des vaccins, dont l’action a pourtant chuté de près de 42% en un mois, pour s’établir à 2,68 euros.
Le candidat-vaccin contre la borréliose, développé en partenariat avec Pfizer sous la référence PF-07307405 (LB6V), constitue le principal espoir. Les derniers résultats de phase 3, bien qu’ambivalents, montrent une efficacité de 73,2% pour prévenir les cas confirmés. L’étude n’a toutefois pas atteint son objectif statistique principal, en raison d’un nombre de cas de maladie inférieur aux prévisions. Aucun problème de sécurité n’a été identifié. Malgré ce revers statistique, Pfizer maintient son calendrier et prévoit de soumettre les dossiers de demande d’autorisation au second semestre 2026.
La direction de Valneva, emmenée par le PDG Thomas Lingelbach, considère que la voie réglementaire reste ouverte. Elle mise sur la prise en compte par la FDA du besoin médical élevé et des analyses secondaires robustes. Les enjeux financiers sont considérables : une autorisation déclencherait des paiements conditionnels de 143 millions de dollars de la part de Pfizer, assortis de redevances échelonnées entre 14% et 22%, et de primes potentielles liées au chiffre d’affaires pouvant atteindre 100 millions de dollars.
Parallèlement, l’entreprise poursuit le déploiement de son autre atout majeur, le vaccin contre le chikungunya IXCHIQ. Après le retrait volontaire de sa demande d’autorisation aux États-Unis en août 2025, Valneva accélère ses efforts ailleurs, notamment au Brésil. En collaboration avec l’Instituto Butantan, une campagne pilote a déjà permis de vacciner plus de 12 000 personnes dans dix villes. Le groupe s’est engagé à donner jusqu’à un demi-million de doses au ministère brésilien de la Santé, un pays qui a enregistré plus d’un million de cas entre 2019 et mi-2024.
Sur le plan financier, la société affiche une situation solide. L’exercice 2025 s’est clos sur un chiffre d’affaires de 174,7 millions d’euros et des réserves de trésorerie avoisinant les 110 millions. La perte nette de 115,2 millions d’euros s’explique principalement par l’absence d’un effet exceptionnel de l’année précédente. Pour 2026, la direction anticipe un chiffre d’affaires total compris entre 155 et 170 millions d’euros. L’entreprise a débuté l’année avec 168,3 millions d’euros de liquidités après une opération de restructuration de dette.
Ces éléments seront au cœur des discussions avec les investisseurs institutionnels lors du congrès Van Lanschot Kempen Life Sciences à Amsterdam. Cette rencontre sert de prélude à une série d’échéances importantes. La publication des résultats du premier trimestre 2026 est attendue en mai, suivie au milieu de l’année par les premières données de phase 2 pour le candidat vaccin contre la shigellose, S4V2. Dans un contexte boursier difficile, ces rendez-vous représentent les prochains catalyseurs tangibles pour la valorisation de Valneva.
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