Le groupe français de gaz industriels a bouclé une émission obligataire en euros de deux milliards d’euros, répartie sur trois tranches. Le carnet d’ordres a été plus de six fois couvert, avec des achats totalisant plus de 13,1 milliards d’euros, selon Bloomberg. Une demande qui a permis à Air Liquide Finance, filiale émettrice garantie par la maison mère, d’obtenir des rendements inférieurs à ceux des titres souverains français comparables.
Trois tranches, un coût moyen sous les 4 %
L’opération, dont le règlement est prévu le 13 octobre, se décompose en une souche à taux variable de 400 millions d’euros arrivant à échéance en octobre 2028, indexée sur l’Euribor trois mois majoré de 35 points de base. S’y ajoutent deux tranches à taux fixe : 750 millions d’euros à échéance octobre 2031, assortis d’un coupon de 4,00 %, et 850 millions d’euros jusqu’en octobre 2036, avec un coupon de 4,50 %. Après couverture des taux, le coût moyen pondéré de l’ensemble ressort sous les 4,00 % par an.
Les agences de notation S&P et Scope attribuent un A aux titres, quand Moody’s retient un A2. Ce positionnement a permis au groupe de revenir sur le marché obligataire en euros après une incursion sur le marché suisse au premier trimestre 2026.
Un contexte souverain pourtant défavorable
La performance est d’autant plus notable que l’écart de rendement entre les obligations françaises et les Bunds allemands s’est nettement creusé, sous l’effet du déficit budgétaire de l’Hexagone et des tensions politiques. Ce mouvement renchérit habituellement le financement des entreprises tricolores. Air Liquide a su s’en affranchir.
En Bourse, la réaction est restée mesurée. Le titre cédait 1,2 % lors de la séance précédant la clôture de l’opération, à 169,08 euros. Ce mardi, l’action s’échange à 168,56 euros, en repli de 0,3 %. La capitalisation boursière s’établit à 108,97 milliards d’euros, confortant une progression sur douze mois.
Des fonds pour refinancer et préparer l’après-2026
Le produit net de l’émission servira aux besoins généraux de l’entreprise ainsi qu’au remboursement d’échéances existantes. À fin juin, la dette nette représentait 1,5 fois l’excédent brut d’exploitation. Ce renforcement de la structure bilancielle intervient au lendemain d’une journée investisseurs, lundi, durant laquelle la direction a dévoilé ses orientations stratégiques.
Le plan Beyond, qui court de 2026 à 2030, prévoit une allocation de capital supérieure à 40 milliards d’euros. Environ 24 milliards d’euros sont fléchés vers des projets industriels et d’éventuelles acquisitions. Le management a par ailleurs confirmé son intention de racheter pour quatre milliards d’euros de ses propres actions, un programme portant sur les exercices 2027 et 2028.
En sécurisant des ressources à long terme avant que les conditions de marché ne se tendent davantage, le spécialiste des gaz industriels pose les fondations financières de sa prochaine phase de croissance.
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