Air Liquide n’entend pas rester au stade des pilotes. Le géant français des gaz industriels engage des moyens massifs pour faire entrer l’hydrogène dans l’ère de la production de masse. Avec un portefeuille de projets dépassant 4,4 milliards d’euros d’investissements annuels, le groupe mise sur des réalisations concrètes, de Rotterdam à la Louisiane, tout en multipliant les relais de croissance à l’international.
Un appel politique appuyé depuis Rotterdam
C’est depuis le sommet de l’hydrogène à Rotterdam que le PDG François Jackow a lancé une mise en garde aux gouvernements d’une vingtaine de pays réunis. Coprésident du Hydrogen Council, il y a présenté l’initiative « Hydrogen for a Resilient World », qui vise à intégrer l’hydrogène et ses dérivés dans les plans de résilience énergétique. Le message est clair : la technologie est prête, mais des cadres réglementaires contraignants font encore défaut pour enclencher le passage à l’échelle. Un discours de pragmatisme qui colle à la stratégie du groupe : avancer vite, exiger des règles stables.
ELYgator, fer de lance européen
Dans le port de Rotterdam, Air Liquide bâtit actuellement l’électrolyseur ELYgator d’une capacité de 200 mégawatts. L’investissement dépasse les 500 millions d’euros. L’installation doit fournir de l’hydrogène bas carbone aux industriels de la zone, notamment aux plateformes de TotalEnergies. Le projet symbolise la volonté du groupe de décarboner les grands bassins industriels, un axe stratégique déjà amorcé avec le plan ADVANCE 2022-2025, désormais achevé.
Cap sur l’Amérique et l’Asie
Aux États-Unis, plus de 350 millions de dollars sont injectés en Louisiane pour étendre les réseaux de pipelines et soutenir la production d’acier vert. L’expansion ne s’arrête pas là. En Inde, Air Liquide a finalisé le rachat de NovaAir, renforçant sa présence dans le commerce de gaz industriels au sud et à l’est du pays. En Corée du Sud, la nouvelle usine de molybdène de Hwaseong, présentée comme la plus grande du monde, est entrée en service.
Des objectifs financiers ambitieux
Sur l’exercice en cours, Air Liquide table sur une amélioration de sa marge opérationnelle de 200 points de base d’ici la fin de l’année. À plus long terme, le management vise un gain de 560 points de base sur la période 2022-2027. Le chiffre d’affaires 2023 a atteint près de 27 milliards d’euros, alimentant un carnet de commandes record pour la seconde moitié de l’année. La structure financière reste solide, avec un faible taux d’endettement de 0,37.
Actionnaires gâtés, Bourse sereine
Les investisseurs ne sont pas oubliés. Après l’assemblée générale de mai, Air Liquide a versé un dividende de 3,70 euros par action. En juin, une distribution d’actions gratuites interviendra à raison d’une action supplémentaire pour dix détenues. En Bourse, le titre s’échangeait à 180,68 euros, en hausse de près de 13 % depuis le début de l’année. Il se situe juste au-dessus de sa moyenne mobile à 50 jours (178,41 euros) et à 5 % de son plus haut annuel. Les analystes restent confiants et estiment la valeur intrinsèque autour de 198,15 euros.
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