La trajectoire de DroneShield ne cesse de surprendre. D’un côté, le spécialiste de la lutte anti-drones enchaîne les jalons industriels et financiers : production américaine accélérée, trésorerie pléthorique, chiffre d’affaires doublé. De l’autre, l’action subit une défiance tenace, alimentée par une enquête du régulateur australien et un recul discret mais notable de grands investisseurs institutionnels. Le titre évolue à 1,90 € sur le marché allemand, en hausse de 6,27 % sur la séance, mais toujours en recul de plus de 17 % sur un mois. Sur un an, la progression atteint tout de même 187 %.
L’usine américaine sort de terre avec quatre mois d’avance
Le signal fort vient des États-Unis, où la filiale dirigée par Ray Fitzgerald doit boucler l’extension de ses capacités de production dans un délai désormais ramené à neuf mois maximum, soit quatre mois de moins que le calendrier initial. Le pays constitue le marché clé du groupe, et cet accélération envoie un message clair aux investisseurs. Dans la foulée, la bourse australienne ASX a franchi un cap symbolique : elle dispense DroneShield de l’obligation de publier des rapports trimestriels de cash-flow, un régime réservé aux start‑up. Le groupe intègre désormais le cercle des industriels établis.
Des comptes qui parlent d’eux-mêmes
Les résultats du premier trimestre 2025 confirment cette montée en puissance. Le chiffre d’affaires a bondi de 121 % à 74,1 millions de dollars australiens, contre 33,5 millions un an plus tôt. Les encaissements clients ont atteint 77,4 millions AUD, et le cash-flow net d’exploitation s’est établi à 24,1 millions AUD, un nouveau record. Surtout, DroneShield dispose de 222,8 millions AUD de liquidités, sans la moindre dette. Le carnet de commandes fermes s’élève à 154,8 millions AUD au 20 avril, et la pipeline mondiale compte 312 projets actifs.
Parallèlement, le virage vers le logiciel s’accélère : les revenus récurrents issus des abonnements ont triplé, et la direction vise un tiers du chiffre d’affaires total d’ici 2030. L’Europe n’est pas en reste : un nouveau hub à Amsterdam et un projet de ligne de production sur le Vieux Continent rapprochent DroneShield des clients de l’OTAN.
BlackRock et JPMorgan passent sous les radars
C’est dans ce contexte opérationnel favorable que tombe une nouvelle plus ambiguë. BlackRock, qui détenait encore 50,8 millions d’actions (5,50 % du capital) le 26 mars, est récemment passé sous le seuil de déclaration de 5 % exigé par la réglementation australienne. Une baisse qui ne signifie pas un désengagement total — le gestionnaire peut encore détenir une participation inférieure à 5 %, donc invisible dans les registres — mais qui modifie la perception du marché. Début mai, JPMorgan avait lui aussi cessé d’apparaître comme actionnaire significatif. Le registre des gros porteurs s’éclaircit, ce qui renforce la nervosité autour du titre.
L’ombre de l’ASIC plane sur l’assemblée
Le principal frein à l’enthousiasme reste l’enquête ouverte par l’Australian Securities and Investments Commission (ASIC). Le régulateur examine les communications de DroneShield à la bourse entre le 1er et le 20 novembre 2025, ainsi que les transactions sur les actions réalisées du 6 au 12 novembre. L’entreprise assure coopérer pleinement, mais aucune conclusion n’a encore été rendue. L’incertitude pèse sur la valorisation : l’indice RSI, tombé à 11,7, signale une situation de survente extrême.
Les prochaines échéances seront décisives. Le 29 mai, l’assemblée générale des actionnaires à Sydney donnera la parole au nouveau directeur général, Angus Bean, qui doit également faire approuver son package de rémunération. Puis le 3 juin, le rapport trimestriel suivant apportera un nouveau test de crédibilité. Si les chiffres restent aussi solides que ceux du premier trimestre, le récit de la croissance opérationnelle pourrait finir par l’emporter sur les nuages réglementaires et actionnariaux.
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