L’heure est grave pour Ubisoft. Le géant français du jeu vidéo a vu son action dévisser de 9,81 % ce vendredi, tombant à 4,45 euros, dans le sillage de résultats annuels catastrophiques. Sur les douze derniers mois, le titre accuse une chute vertigineuse de 56,48 %, et depuis le début de l’année, le recul atteint 29,96 %. Le marché sanctionne un exercice 2025/26 marqué par une perte opérationnelle IFRS de 1,3 milliard d’euros, contre 196,5 millions l’année précédente.
Cette déconfiture s’explique en grande partie par des dépréciations accélérées de 1,402 milliard d’euros sur des projets de jeux abandonnés ou repoussés. Le chiffre d’affaires a fondu de 21,8 % pour s’établir à 1,4 milliard d’euros, tandis que les net bookings – indicateur clé pour un éditeur – ont reculé de 17,4 % à 1,53 milliard. La marge opérationnelle adjusted? Le groupe ne donne pas de chiffre précis pour l’exercice clos, mais la pression est telle que la direction a décidé d’accélérer la restructuration.
Une cure d’austérité sans précédent
Ubisoft a déjà réduit ses effectifs d’environ 1 200 postes sur douze mois, pour arriver à 16 590 collaborateurs. Les coûts fixes ont été allégés de 118 millions d’euros, mais ils restent élevés à 1,435 milliard. L’objectif est de les ramener à 1,25 milliard d’euros d’ici mars 2028. Pour y parvenir, la direction a coupé dans le vif : sept projets ont été annulés et six jeux reportés. Red Storm Entertainment, studio historique, cesse le développement.
Parallèlement, Ubisoft met en place cinq « Creative Houses » censées rationaliser la production autour de ses franchises phares. Assassin’s Creed, Far Cry et Ghost Recon seront les piliers de la relance. Assassin’s Creed Hexe est attendu pour 2027, et un remake de Black Flag, rebaptisé Resynced, sortira le 9 juillet 2026. Le service Rainbow Six Siege continue d’alimenter les revenus récurrents, un modèle qui exige un contenu régulier pour fidéliser les joueurs.
L’injection Tencent offre un répit
Côté bilan, la transaction avec Tencent a apporté 1,16 milliard d’euros de trésorerie. La dette nette hors IFRS est ainsi passée de 885 millions à 187 millions d’euros, offrant un matelas bienvenu alors que le groupe brûle du cash. Ubisoft mène également des discussions avec ses créanciers pour allonger les échéances et étaler les remboursements.
Mais ce ballon d’oxygène ne résout pas les problèmes opérationnels. Pour l’exercice 2026/27, la direction prévient que ce sera un « point bas » : les net bookings devraient baisser d’un pourcentage élevé à un chiffre, la marge opérationnelle ajustée sera négative dans la même proportion, et le free cash flow pourrait engloutir jusqu’à 500 millions d’euros. Une perspective qui alimente les doutes sur la capacité du groupe à redresser la barre sans perdre sa substance créative.
Le pari des grosses licenses pour 2027
La reprise est espérée à partir de 2027/28, quand le rythme de sorties des grosses marques s’accélérera. Ubisoft table alors sur un free cash flow positif et un EBIT non-IFRS dans le vert. Sur la période 2026/27 à 2028/29, les flux de trésorerie cumulés devraient redevenir positifs. Le calendrier des sorties s’éclaircit, mais il faut d’abord traverser un désert de lancements, sans que la base de joueurs ne s’érode davantage.
Le prochain test est donc immédiat : survivre à l’année de transition sans nouvelles déconvenues. Si la restructuration porte ses fruits, le groupe pourra capitaliser sur sa puissance de feu financière retrouvée. Dans le cas contraire, l’argent de Tencent n’aura servi qu’à gagner du temps.
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