La guerre commerciale du tungstène s’intensifie. Pékin étrangle les exportations, Washington cherche des alternatives, et Almonty Industries se positionne comme le maillon clé de cette nouvelle équation géopolitique. Le groupe canadien, qui réserve désormais 45 % de sa production aux États-Unis, franchit une série d’étapes cruciales cette semaine.
Un siège social américain pour verrouiller les contrats
Le signal est fort : Almonty déménage son siège social de Toronto à Dillon, dans le Montana. Ce n’est pas un simple changement d’adresse. Le site abrite le projet Gentung, récemment acquis, et place la société au cœur de la stratégie de réindustrialisation américaine. Le tungstène est indispensable aux obus antichars, aux semi-conducteurs et à l’aéronautique. Jusqu’ici, la Chine dominait ce marché. Plus pour longtemps.
Washington a déjà pris ses précautions : les oxydes, concentrés et minerais de tungstène d’Almonty sont explicitement exclus des droits de douane américains. Un contrat d’approvisionnement à long terme avec Global Tungsten & Powders, en Pennsylvanie, scelle cette alliance stratégique.
Sangdong tourne, les premiers chiffres arrivent en mai
Parallèlement, la mine sud-coréenne de Sangdong entre en production. La première phase, lancée en mars, délivre déjà environ 2 300 tonnes de concentré de tungstène par an. Le gisement affiche une teneur de 0,51 % de trioxyde de tungstène, soit près du triple de la moyenne mondiale. De quoi offrir une marge de manœuvre confortable, même en cas de baisse des cours.
Le prochain rendez-vous est fixé au mois de mai, avec la publication du rapport trimestriel. Il contiendra les premières données concrètes sur la montée en puissance de l’usine. DA Davidson anticipe une exploitation à plein régime dès le deuxième trimestre 2026. D’ici 2027, la capacité de traitement doit doubler pour atteindre 1,2 million de tonnes de minerai par an.
Reverse split : le conseil doit trancher avant mercredi
Mais avant ces chiffres, c’est une décision capitalistique qui retient l’attention. Les actionnaires ont autorisé un regroupement d’actions — jusqu’à cinq titres pour un — et le conseil d’administration a jusqu’au 30 avril pour l’appliquer. Passé cette date, l’option expire.
L’enjeu est clair : un cours unitaire plus élevé attire les investisseurs institutionnels, qui boudent souvent les valeurs sous les 5 dollars. La tendance est déjà là : le nombre de fonds institutionnels détenant Almonty a bondi de plus de 55 %, pour atteindre 107. Reste à savoir si le conseil jugera la consolidation nécessaire pour accélérer ce mouvement.
L’assemblée générale du 8 juin précisera les plans pour la phase 2 de Sangdong.
Un marché du tungstène en pleine ébullition
Le contexte macroéconomique joue à plein. La Chine a remplacé son système de quotas par un régime de licences contrôlé par l’État. Résultat : les exportations d’APT (paratungstate d’ammonium) sont passées de 782 tonnes en 2024 à 243 tonnes sur les onze premiers mois de 2025 — et se rapprochent désormais de zéro. Le prix de l’APT est passé d’environ 1 944 dollars la tonne en février à quelque 2 526 dollars en avril 2026.
Les pénuries commencent à frapper l’industrie des semi-conducteurs. Des fournisseurs japonais ont averti Samsung et SK Hynix que leurs stocks d’hexafluorure de tungstène — un matériau clé pour la production de mémoire 3D NAND — pourraient s’épuiser dès cet été.
Des analystes unanimes, un cours sous pression
Huit analystes recommandent l’achat, aucun la vente. Texas Capital a initié la couverture le 17 avril avec un objectif de 25 dollars, avant de relever la note à « Strong Buy ». DA Davidson et B. Riley Financial visent respectivement 25 et 23 dollars, tandis qu’Oppenheimer évalue le titre à 19 dollars avec une recommandation « Outperform ».
Pourtant, le marché digère mal les incertitudes. L’action cotait 27,71 dollars canadiens en fin de semaine dernière, soit une chute de 13 % sur sept jours. Le 52-week high, touché le 17 avril, s’établit à 32,07 dollars. Depuis le début de l’année, le titre affiche tout de même une progression de plus de 130 %.
Les comptes restent dans le rouge : une perte nette d’environ 162 millions de dollars canadiens pour l’exercice 2025, pour un chiffre d’affaires de 32,5 millions. Les dépenses liées au développement minier et à l’introduction au Nasdaq pèsent lourd.
La prochaine étape : Gentung fin 2026
La suite du calendrier est déjà fixée. Fin 2026, Almonty prévoit de remettre en service le projet Gentung dans le Montana. Si la relance réussit, le groupe produira sur deux continents, directement pour les clients occidentaux. De quoi transformer un pari géopolitique en réalité industrielle.
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