Le signal est brutal, et il tombe au pire moment. Alstom vient d’enregistrer un death cross sur son graphique — la croix de la mort, traduction littérale de cette configuration où la moyenne mobile à 50 jours coupe celle à 200 jours par le haut. Pour les investisseurs institutionnels qui pilotent leurs portefeuilles au filtre des tendances longues, c’est l’un des indicateurs baissiers les plus redoutés.
Le cours de l’action le confirme sans ambiguïté. À 16,77 euros, le titre du constructeur ferroviaire français accuse un recul de près de 28 % par rapport à sa moyenne à 200 séances. Depuis le 1er janvier, la dégringolade atteint 34 %. Et le pire est peut-être encore à venir : le plus bas sur 52 semaines, à 16,36 euros, n’est plus qu’à 2,5 % du cours actuel. Une brèche dans ce support ouvrirait la voie à de nouveaux plus bas.
Un endettement qui plombe les espoirs de rebond
Les difficultés d’Alstom ne datent pas d’hier. L’endettement élevé et l’intégration laborieuse des activités acquises pèsent sur le titre depuis des mois. Le death cross ne fait que donner une traduction graphique à ce que les analystes fondamentaux pressentaient déjà : tant que des progrès opérationnels tangibles ou un désendettement concret ne seront pas au rendez-vous, le chemin de moindre résistance reste orienté à la baisse. Les systèmes de trading automatisés, qui réagissent mécaniquement à cette formation, risquent d’amplifier le mouvement en déclenchant des ordres de vente supplémentaires.
Un contrat à 60 millions de livres pour redorer le blason
Pourtant, le groupe ne reste pas les bras croisés. À Derby, en Angleterre, Alstom mise sur son pôle services pour stabiliser la barque. Le site de Litchurch Lane lance ASPIRE, son premier programme de stages longue durée destiné aux personnes handicapées. Les participants seront directement intégrés à un projet d’envergure : la modernisation de la flotte CrossCountry Voyager.
Pour un montant de 60 millions de livres sterling, 312 voitures de la série Voyager vont bénéficier d’une rénovation technique et esthétique complète. Nouveaux sièges, éclairage modernisé et système de comptage des voyageurs sont au programme. Ces contrats de service, moins risqués et plus rémunérateurs que la construction de nouvelles rames, sont précisément le type d’activité sur lequel la direction veut s’appuyer pour redresser la barre.
Des marges sous pression et des questions juridiques
La nécessité de cette réorientation stratégique est criante. En avril 2026, Alstom a dû reconnaître que sa marge EBIT ajustée plafonnerait à environ 6,0 %, loin des 7,0 % initialement promis. Un aveu d’échec qui a laissé des traces profondes en Bourse.
Comme si cela ne suffisait pas, plusieurs cabinets d’avocats enquêtent actuellement sur les obligations d’information du groupe concernant ses récents avertissements sur résultats. La publication des comptes annuels complets, prévue en mai 2026, est désormais attendue avec anxiété par les investisseurs. Ils espèrent y voir clair sur la situation de trésorerie et les avancées de la revue opérationnelle menée par la direction.
D’ici là, le death cross continuera de peser sur le titre. Les prochaines séances diront si Alstom parvient à conjurer le sort — ou si la croix de la mort scelle définitivement son destin baissier.
Publicité
Actions Alstom: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de Alstom et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de Alstom entièrement gratuite : En savoir plus ici !

