Mercredi 6 mai à 7h30, Novo Nordisk dévoilera ses résultats du premier trimestre 2026. Et jamais un rapport trimestriel n’aura été aussi attendu depuis le lancement de Wegovy en injection. Car cette fois, les premières ventes significatives de la version orale du médicament vedette seront intégrées aux comptes. De quoi offrir un premier test grandeur nature à la stratégie de riposte du groupe danois face à la pression concurrentielle et réglementaire.
Un lancement stratégique à double détente
La pilule Wegovy a reçu le feu vert de la FDA le 22 décembre, avant d’être commercialisée aux États-Unis dès le 5 janvier. Moins de trois mois plus tard, le groupe a déjà comptabilisé quelque 50 000 prescriptions dans la seule semaine du 23 janvier. Un démarrage qui semble séduire une patientèle nouvelle, notamment les personnes souffrant de nadelphobie, pour qui l’injection constituait un obstacle insurmontable. Plutôt que de cannibaliser les ventes d’injectables, la version orale élargit donc le marché de l’obésité.
Parallèlement, Novo Nordisk a mis en circulation la pilule Ozempic — formulation orale du sémaglutide pour le diabète de type 2 — dans plus de 70 000 pharmacies américaines dès ce lundi. Pour les patients assurés, le coût d’une ordonnance de trois mois plafonne à 25 dollars. Les non-assurés devront débourser entre 150 et 300 dollars par mois selon le dosage. Le timing n’a rien d’anodin : ce déploiement intervient deux jours avant la publication des résultats trimestriels, alors que le marché guette le moindre signe de redressement.
Un avantage concurrentiel à préserver
Novo Nordisk dispose d’une avance d’environ trois mois sur Eli Lilly et son concurrent oral Foundayo. Mais la pilule danoise impose une contrainte : elle doit être prise 30 minutes avant le premier repas, toute boisson ou autre médicament oral. Lilly, elle, n’impose aucune restriction de ce type. Pour compenser, Novo met en avant des données d’efficacité supérieures : la perte de poids atteint environ 17 % dans l’étude OASIS-4, contre 12 % annoncés par Lilly pour son candidat. Reste à savoir si cet écart se traduira dans les prescriptions réelles.
Des vents contraires persistants
Malgré ces avancées, le contexte reste difficile. Le groupe anticipe pour l’ensemble de l’exercice 2026 une baisse de 5 à 13 % de son chiffre d’affaires et de son résultat opérationnel sous-jacents, pénalisé par la pression sur les prix aux États-Unis, la concurrence d’Eli Lilly et les effets de change. Un effet comptable exceptionnel de 4,2 milliards de dollars lié à l’annulation de remises 340B viendra embellir les chiffres publiés, mais sera exclu des indicateurs ajustés.
Les analystes tablent sur un recul du chiffre d’affaires d’environ 8 % sur un an, et sur une chute de 16 % du bénéfice par action. Le flux de trésorerie disponible est attendu entre 35 et 45 milliards de couronnes danoises, tandis que les dépenses d’investissement devraient atteindre 55 milliards de couronnes. À la Bourse de Copenhague, l’action a repris 5,5 % lundi, à 37,92 euros, mais reste en baisse de près de 38 % sur douze mois et accuse un écart de 46 % avec son plus haut annuel de 70,13 euros.
Au-delà du GLP-1, des signaux encourageants
Novo Nordisk ne mise pas tout sur les incrétines. La société présentera au Congrès européen sur l’obésité de nouvelles données sur Wegovy et ses générations futures. Par ailleurs, l’étude HIBISCUS a rapporté des résultats positifs de phase 3 pour l’étavopivat dans la drépanocytose : les deux critères principaux ont été atteints, avec une réduction de 27 % des crises vaso-occlusives. Un signal fort pour la diversification du portefeuille.
Dans le domaine des maladies rares, le candidat Denecimig contre l’hémophilie A a démontré une réduction des saignements allant jusqu’à 99 % par rapport au traitement à la demande. La FDA examine déjà la demande d’autorisation de mise sur le marché.
Le test décisif
Mercredi matin, les investisseurs sauront si l’élan de la pilule Wegovy compense suffisamment l’érosion des prix dans le cœur de métier. Si la guidance annuelle est confirmée, le marché pourrait souffler. Dans le cas contraire, un retour vers les plus bas récents, autour de 30 euros, n’est pas exclu. Les banques Citi et Bernstein ont d’ailleurs déjà dégradé le titre ces dernières semaines. La pression est maximale.
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