L’action BYD a terminé la séance de vendredi sur un gain de 3,01%, à 9,58 euros, portée par un cocktail d’annonces favorables. Le gouvernement chinois a dévoilé un plan ambitieux visant à ce que les véhicules à énergie nouvelle (NEV) représentent 30% du parc automobile d’ici 2030, tandis que le constructeur lançait son pick-up hybride Shark sur le marché britannique. Sur la semaine, le titre affiche une progression modeste de 0,47%.
Le plan d’action pour le pic carbone du 15e plan quinquennal, publié jeudi par le Conseil d’État, fixe un objectif de 30% de NEV dans le parc chinois à l’horizon 2030. Fin 2025, la flotte comptait 43,97 millions de véhicules, soit seulement 12,01% du total selon le ministère de la Sécurité publique. Atteindre la cible implique donc un doublement du parc en cinq ans. La même ambition s’étend aux transports commerciaux, avec un objectif de 25% de NEV en 2030, soutenu par le déploiement d’infrastructures de recharge et de bornes d’échange de batteries, ainsi que la promotion de l’hydrogène vert, de l’ammoniac et du méthanol.
Un bémol demeure : les subventions directes aux véhicules électriques sont supprimées, et les exonérations fiscales pour les hybrides rechargeables et certains utilitaires électriques prendront fin en 2027. Les purs électriques, cœur de métier de BYD, restent pour l’instant épargnés.
Offensive produit tous azimuts
Le géant chinois a multiplié les annonces cette semaine. Au Goodwood Festival of Speed, le pick-up hybride Shark a fait ses débuts officiels au Royaume-Uni, affiché à 47.290 livres sterling. Fort de sa technologie « Super Hybrid DMO », il développe 436 chevaux et offre une autonomie électrique de 56 miles, visant directement le Ford Ranger. BYD a également présenté le Denza Z, un hypercar électrique de près de 1.600 chevaux, capable d’atteindre 100 km/h en moins de deux secondes.
Côté volumes, le constructeur a déposé le 10 juillet auprès du ministère chinois de l’Industrie une demande d’homologation pour une version profondément remaniée de la Seagull, son modèle le plus vendu. La citadine gagne 425 millimètres pour atteindre 4.205 mètres, et son moteur passe de 55 à 95 kilowatts. Les analystes y voient une réponse à la concurrence chinoise croissante sur le segment low-cost. Parallèlement, une nouvelle variante de la berline Qin Plus apparaît dans les documents, équipée d’un capteur LiDAR, laissant présager l’arrivée de fonctions de conduite autonome sur le marché de masse.
Le réseau de recharge s’étoffe aussi : plus de 7.000 bornes rapides sont déjà installées dans 300 villes, et l’objectif est d’atteindre 20.000 d’ici la fin de l’année.
Croissance externe, mais vents contraires
Sur le plan des ventes, BYD a franchi un cap symbolique le 8 juillet avec la production de son 17 millionième NEV, un Seal 08, seulement 82 jours après le 16 millionième (17 avril). Au premier semestre 2026, le groupe a livré 1.808.511 véhicules, dont 789.367 à l’export, soit une hausse de 68% des ventes hors de Chine. En juin, les livraisons intérieures ont chuté de 22% (228.123 unités), tandis que les exportations représentaient déjà 43% des ventes mensuelles.
En Afrique du Sud, le partenariat avec Absa via BYD Finance a été approfondi. Le marché sud-africain des NEV a bondi de 78,8% sur les cinq premiers mois de 2026, avec une explosion des hybrides rechargeables (+681%) et des électriques purs (+193%). BYD s’y classe deuxième marque NEV avec 2.011 unités écoulées, et vise 80 concessionnaires d’ici fin 2026 contre 52 actuellement.
Mais les obstacles s’accumulent. Depuis le 1er juillet, les droits de douane compensatoires définitifs de l’Union européenne s’appliquent, portant la charge totale à 27% (10% de droit normal + 17% de surtaxe) pour BYD. En mai, le groupe était brièvement devenu la première marque de PHEV en Allemagne grâce à une faille qui limitait les hybrides à 10% de droits ; la Commission européenne envisage de combler cette brèche. Par ailleurs, une erreur administrative en Australie a conduit 1.265 clients à recevoir des véhicules de 2025 présentés comme des modèles 2026 ; BYD propose un remboursement intégral.
Analyse technique : un rebond qui reste à confirmer
Malgré le sursaut de vendredi, le titre accuse encore 35,27% de perte par rapport à son sommet sur 52 semaines (14,80 euros atteint en juillet 2025). Depuis le début de l’année, le repli atteint 12,55%, et sur douze mois, il frôle les 27%. En revanche, le cours a rebondi de 19,29% depuis le plus bas annuel de 8,03 euros touché le 30 juin.
Le RSI, à 55,8, se situe en zone neutre, ni suracheté ni survendu. La moyenne mobile à 50 jours (9,76 euros) passe juste au-dessus du cours actuel, tandis que la moyenne à 200 jours (10,70 euros) représente une résistance située 10,44% plus haut. Pour que le rebond se transforme en tendance durable, BYD devra franchir ce seuil dans les semaines à venir, alors que les prochaines décisions de Bruxelles sur les droits de douane hybrides et la réaction du marché chinois au plan des 30% constitueront des catalyseurs décisifs.
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