Malgré une série d’annonces favorables – nomination d’un haut gradé au conseil, mise à jour logicielle et perspective de 40 milliards de dollars de l’OTAN – l’action DroneShield reste sous pression. La preuve : la part des positions shortes a grimpé à plus de 12 % début juillet, un record. Vendredi, le titre a certes repris 3,73 % à 1,46 euro, mais la semaine se solde par une baisse de 2,01 % et le mois par un recul de 13,02 %. Depuis le 1er janvier, la perte atteint 26,34 %.
Ce qui nourrit la défiance, ce n’est pas l’activité opérationnelle, mais l’épée de Damoclès réglementaire. L’Australian Securities and Investments Commission (ASIC) examine depuis 2025 le calendrier des communications de l’entreprise et des transactions liées. Aucun détail n’a filtré sur la nature exacte des griefs. Cette incertitude grève la valorisation et neutralise jusqu’ici tous les bons chiffres. Le management assure coopérer pleinement, mais aucun calendrier de clôture n’est annoncé.
Sur le plan graphique, le signal est tout aussi préoccupant. Le titre évolue 18 % sous sa moyenne mobile à 50 jours (1,78 euro) et 26,55 % sous celle à 200 jours (1,99 euro), configuration qualifiée de « croix de la mort » par les chartistes. Le RSI à 14 jours stagne à 40,8 – pas encore en zone survendue, mais témoin d’un flux vendeur continu. La volatilité annualisée à 30 jours s’est envolée à 70,70 %, signe des à-coups subis récemment. Par rapport au sommet des 52 semaines (3,65 euros en octobre 2025), la perte avoisine 60 %, tandis que le plancher de novembre à 0,82 euro laisse encore une marge de 77,40 %.
Pourtant, les catalyseurs positifs ne manquent pas. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a dévoilé au Defence Industry Forum d’Ankara un investissement de plus de 40 milliards de dollars sur cinq ans dans les drones et les systèmes anti-drones. L’Alliance va créer une plateforme dédiée, NATO Drone Edge, et vise à quintupler le nombre d’opérateurs formés d’ici fin 2027. Pour un spécialiste comme DroneShield, c’est une validation de la demande structurelle qu’il invoque constamment. En parallèle, l’entreprise a recruté le contre-amiral Lee Goddard CSC comme administrateur indépendant non exécutif à compter du 1er juillet 2026 – une nomination destinée à rassurer sur la gouvernance, d’autant que Goddard ne détient aucune participation significative dans le groupe. Début juillet, une mise à jour trimestrielle de son logiciel a également été déployée, avec des correctifs pour les environnements à haute sécurité.
Ces avancées opérationnelles peinent toutefois à inverser la tendance. Aucun rendez-vous majeur n’est inscrit à l’agenda avant la publication des résultats semestriels, fin août. Les investisseurs guetteront alors non seulement les chiffres d’affaires, mais surtout un éventuel éclairage sur l’enquête de l’ASIC. En attendant, les vendeurs à découvert conservent la main.
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