Le constructeur chinois BYD avance sur tous les fronts — nouveaux modèles, infrastructure de recharge, conquête de marchés — mais le titre reste englué dans une dynamique baissière. La journée de samedi illustre parfaitement ce paradoxe : alors que la dixième millième station de recharge rapide du groupe ouvre ses portes à Shenzhen Longhua, l’action a clôturé la veille à 9,92 euros, en repli de 0,4 % sur la séance.
Cet investissement massif dans la mobilité électrique ne faiblit pas. BYD vise 20 000 stations de recharge rapide d’ici fin 2026, après avoir déjà dépassé le cap des 7 000 installations opérationnelles dans 325 villes chinoises en juillet. Plus récemment, le groupe a franchi la barre des 10 000 stations réparties dans 332 villes du pays. Parallèlement, les dépenses de recherche et développement ont atteint 28,9 milliards de yuans au premier semestre 2026, portant le cumul à plus de 270 milliards de yuans.
Une cascade de lancements pour conquérir le haut de gamme
Le salon de l’automobile de Chengdu a servi de vitrine à une offensive produit d’envergure. La troisième génération du SUV Tang y a fait ses débuts, affichant jusqu’à 850 kilomètres d’autonomie selon le standard chinois CLTC et équipée de série du système d’aide à la conduite God’s Eye B. Sa commercialisation est programmée pour le quatrième trimestre 2026.
La berline phare Da Han, positionnée au-dessus de l’actuelle Han dans la gamme Dynasty, est déjà arrivée chez les concessionnaires chinois. Les prix de cette berline de catégorie D oscillent entre 249 900 et 299 900 yuans pour la version à transmission intégrale. La sous-marque Fang Cheng Bao a également ouvert les précommandes pour ses limousines Formula S et Formula S GT, proposées entre 230 000 et 280 000 yuans.
Cette déferlante vise explicitement les segments à plus fortes marges, alors que la guerre des prix sur le marché chinois des véhicules électriques continue de peser sur la rentabilité du groupe. La plateforme technologique Yangwang n’est pas en reste : la version de série du U7 2026 a bouclé un test d’endurance de 30 000 kilomètres en moins de neuf jours, avec une capacité de batterie préservée à 98,7 % — un argument de poids dans un marché où la durabilité des batteries est devenue un critère d’achat déterminant.
La Turquie en pause, le Canada et la Mongolie en ligne de mire
L’expansion internationale de BYD connaît des fortunes diverses. Le projet d’usine en Turquie, évalué à un milliard de dollars, est mis en pause après la suspension des incitations fiscales gouvernementales associées. Le permis du site mexicain, lui, se fait attendre en raison d’un blocage des autorités chinoises.
Le groupe concentre ses efforts sur son usine hongroise de Szeged, un investissement de quatre milliards d’euros qui doit entrer en production au quatrième trimestre 2026 avec une capacité annuelle de 200 000 unités. En parallèle, BYD prépare son arrivée au Canada — le site régional affiche déjà « Coming Soon » et onze postes de direction sont à pourvoir à Toronto et Vancouver — et vient de signer un protocole d’accord avec Oulan-Bator, la capitale mongole, pour développer la mobilité verte. En Thaïlande, le Sealion 6 DM-i Extended PHEV et le Sealion 7 AWD Ultimate BEV ont été lancés, tandis que le Brésil découvre le pick-up Mako, qui sera produit à Camaçari.
Côté approvisionnement, le belge Melexis a signé un accord-cadre pour livrer directement des composants semi-conducteurs à BYD, une manière de simplifier la chaîne logistique et de réduire la dépendance aux intermédiaires.
Un titre qui reste sous l’eau
En Bourse, la défiance persiste. L’action a clôturé la semaine à 9,87 euros, en retrait de 2,2 % sur cinq jours et de 7,3 % depuis le début de l’année selon les dernières données disponibles — l’autre source faisant état d’un repli de 7,8 % sur la même période. Le titre accuse un écart de 24 % avec son plus haut sur 52 semaines de 12,99 euros, atteint fin août 2025.
L’indice RSI de 49,3 place le papier en zone neutre, mais le cours évolue sous sa moyenne mobile à 200 jours de 10,44 euros. Les investisseurs semblent vouloir des preuves concrètes : les ventes des nouveaux modèles devront confirmer que la stratégie premium et l’expansion internationale peuvent compenser les tensions structurelles du marché chinois.
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