Jamais DroneShield n’affiche des fondamentaux aussi robustes : une trésorerie de 222,8 millions de dollars australiens sans dette, un chiffre d’affaires trimestriel en hausse de 121 % et un carnet de commandes potentiel de 2,2 milliards de dollars. Mais le marché, lui, reste de marbre. À 2,18 euros, l’action a perdu près de 4 % sur la dernière séance et se situe 40 % sous son plus haut des douze derniers mois, malgré un bond de 163 % sur un an.
C’est dans ce décalage que la nouvelle direction entend faire la différence. Le 1er avril 2026, Angus Bean a pris les rênes du groupe australien, passant du poste de directeur produit à celui de directeur général. Il est épaulé depuis février par Michael Powell au poste de directeur des opérations, chargé d’accélérer le déploiement mondial. Et pour piloter la stratégie américaine, Ray Fitzgerald – ancien pilote de F/A-18 de la Navy et ex-responsable de la stratégie chez Sierra Nevada Corporation – a été nommé président de DroneShield LLC. Son objectif : transformer en contrats signés les 535 millions de dollars de pipeline américain, répartis sur 200 projets.
Les chiffres du premier trimestre 2026 fournissent un sérieux vent arrière. Le chiffre d’affaires a atteint 74,1 millions de dollars australiens, contre 33,5 millions un an plus tôt. Surtout, les encaissements clients ont bondi de 360 % à 77,4 millions, un record historique. Quatrième trimestre consécutif de flux de trésorerie opérationnel positif. Déjà, 154,8 millions de dollars de revenus sont comptabilisés pour l’exercice 2026, soit bien plus qu’à la même période en 2025.
La production suit la même cadence. La capacité annuelle, actuellement de 500 millions de dollars, doit passer à 2,4 milliards d’ici fin 2026 grâce à de nouvelles usines en Australie, aux États-Unis et en Europe. Le siège européen est déjà opérationnel à Amsterdam, où les premiers systèmes fabriqués localement sont attendus pour le milieu de l’année. Sur le salon SAHA 2026 début mai, DroneShield a présenté ses dernières innovations : le détecteur portable RfPatrol Mk2 et le brouilleur DroneGun Mk4, directement ciblés sur la protection des infrastructures critiques – aéroports, prisons, centrales électriques. Un segment rendu urgent par les récentes attaques de drones en Lettonie et les tensions géopolitiques.
Car le contexte politique pousse dans le même sens. L’Australie a annoncé en avril un programme de défense de 15 milliards de dollars australiens pour les capacités autonomes, dont 8,1 milliards pour les systèmes aéroportés. Les Philippines et les États-Unis intègrent explicitement la lutte anti-drones dans leurs budgets. De quoi nourrir un pipeline mondial de 2,2 milliards de dollars, dont 1,1 milliard en Europe et au Royaume-Uni, et 200 projets actifs en Amérique.
Mais le nerf de la guerre reste la conversion. Quinze dossiers dépassent chacun 30 millions de dollars américains ; le plus gros contrat en négociation atteint 750 millions. Fitzgerald a été recruté pour accélérer ces signatures, tandis que le conseil d’administration devrait être renforcé lors de l’assemblée générale du 29 mai avec la probable nomination d’Hamish McLennan – l’ancien président de REA Group, connu pour avoir créé de la valeur. Un signal fort pour les investisseurs qui attendent désormais la preuve que la promesse des 2,2 milliards deviendra réalité.
Les prochains trimestres diront si la machine opérationnelle et la nouvelle équipe parviennent à rattraper le retard du cours. DroneShield devra montrer que les négociations débouchent sur des contrats fermes – un test décisif pour Bean, Fitzgerald et leurs équipes.
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