Nvidia a terminé la semaine sur un nouveau plus haut de 52 semaines, à 182,60 euros sur les marchés européens, soit une progression de près de 75 % par rapport à l’année précédente. L’écart avec son sommet historique de 216,61 dollars se réduit. Dans ce contexte, Goldman Sachs a fait du fabricant de puces son « titre le plus important de l’année 2026 », en fixant un objectif de cours à 250 dollars. Le broker estime que le marché sous-estime la trajectoire des bénéfices : pour l’exercice 2026, ses prévisions dépassent de 14 % le consensus, et de 34 % pour 2027.
L’analyste James Schneider fonde sa valorisation sur un ratio cours/bénéfice de 30 pour un bénéfice normalisé de 8,25 dollars par action. Or, le forward PE de Nvidia, autour de 25, reste nettement inférieur à sa moyenne sur trois ans (32). « Le titre est bon marché par rapport à son propre historique », résume-t-il, à condition que les estimations de profits se concrétisent. Pour le premier trimestre de l’exercice 2027, Goldman attend 80 milliards de dollars de chiffre d’affaires, soit deux milliards au-dessus des prévisions internes de Nvidia.
Mais cette confiance s’appuie sur des flux de capitaux colossaux. Entre janvier et avril 2026, Nvidia a investi plus de 40 milliards de dollars dans l’écosystème de l’intelligence artificielle. Le plus gros chèque, 30 milliards, a été envoyé à OpenAI en février. Le solde s’est réparti entre sept participations dans des sociétés cotées — jusqu’à 3,2 milliards dans le verrier Corning et 2,1 milliards dans l’opérateur de centres de données IREN — et environ deux douzaines de tours de table dans des start-up. La conséquence se lit au bilan : les participations non négociables sont passées de 3,39 milliards à 22,25 milliards de dollars en un an, tandis que les plus-values latentes sur l’ensemble du portefeuille atteignent 8,92 milliards.
Pour encadrer cette stratégie, Nvidia renforce sa gouvernance. À compter du 13 juillet 2026, Suzanne Nora Johnson, ancienne vice-présidente de Goldman Sachs, siégera au conseil d’administration, qui passe à onze membres. Elle a passé vingt ans chez la banque d’affaires, où elle a dirigé le Global Markets Institute et la recherche santé. Déjà administratrice de Pfizer et présidente de son comité d’audit, elle occupera la même fonction chez Nvidia. Sa rémunération est fixée à 85 000 dollars en numéraire par an, assortie d’attributions d’actions (RSU) acquises sur trois ans.
Ces investissements suscitent néanmoins des interrogations. Wedbush qualifie la démarche de « circulaire » : Nvidia injecte des capitaux dans des entreprises qui achètent ses puces, puis leur loue parfois des capacités de calcul. Certains analystes y voient un parallèle avec le financement vendeur de l’ère dot-com. Le constructeur dispose pourtant de moyens – 97 milliards de dollars de free cash-flow sur le dernier exercice – et conserve une part de marché de 86 % dans les accélérateurs IA, stable sur un an. Les hyperscalers (Microsoft, Amazon, Alphabet, Meta, Oracle) devraient porter leurs dépenses d’infrastructure à 805 milliards de dollars cette année selon Morgan Stanley, et à 1 100 milliards en 2027.
La prochaine échéance pour le titre est le 20 mai, date de publication des résultats trimestriels. D’ici là, les indicateurs macroéconomiques américains (CPI mardi, PPI mercredi, ventes au détail jeudi) pourraient influencer les marchés. Techniquement, la résistance des 216,61 dollars reste à franchir pour atteindre un nouveau record. Les analystes, très unanimes, affichent un consensus « achat » avec un objectif moyen de 275 dollars. UBS vise 245 dollars, Bernstein 300 dollars.
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