DroneShield vient de franchir une étape industrielle majeure : le premier système anti-drone assemblé en Europe a quitté les chaînes. La nouvelle aurait dû galvaniser le titre. Pourtant, l’action cote 1,67 euro, en baisse de près de 16 % depuis le 1ᵉʳ janvier. L’enquête ouverte par le gendarme boursier australien ASIC le 12 mai continue de peser lourd sur la confiance des investisseurs.
Ce basculement industriel n’a rien d’anodin. L’Europe représentait déjà 98 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2025, soit 45 % des revenus totaux du groupe. Le pipeline régional atteint 1,2 milliard de dollars. DroneShield entend porter sa capacité de production de 500 millions de dollars australiens à 2,4 milliards d’ici fin 2026. L’assemblage sur le Vieux Continent, réalisé via un partenaire dont la chaîne d’approvisionnement est majoritairement européenne, réduit les délais pour les clients de l’UE et de l’Otan.
Sur le front des alliances, le salon Eurosatory a permis de concrétiser deux accords stratégiques. Avec l’américain Parsons Corporation, DroneShield a intégré ses capteurs, ses capacités de guerre électronique et ses effecteurs dans l’environnement de commandement unifié DroneArmor. L’idée : offrir une couche technologique ouverte, compatible avec les architectures des grands groupes de défense. Parallèlement, un protocole d’accord a été signé avec le néerlandais Defenture pour embarquer les systèmes RfPatrol et DroneGun sur les véhicules tactiques Mammoth et GRF, déjà en service dans plusieurs unités spéciales de l’Otan. Une solution de protection mobile, opérationnelle même en roulant.
Ces succès opérationnels contrastent violemment avec la trajectoire boursière. Le carnet de commandes pour l’exercice 2026 affiche déjà 155 millions de dollars australiens de revenus fermes, sans compter le récent contrat du Pentagone. Mais l’enquête de l’ASIC – qui porte sur des communications et des ventes d’actions de dirigeants remontant à novembre 2025 – paralyse tout élan spéculatif. DroneShield assure coopérer pleinement, mais aucune mesure concrète n’a filtré. À cela s’ajoute une légère dilution liée à la conversion d’options salariés en actions nouvelles.
Les indicateurs techniques confirment l’ampleur du désamour. Le titre a perdu 6 % sur la semaine écoulée. Il évolue 17 % en dessous de sa moyenne mobile à 50 jours (2,01 euros), tandis que le RSI est tombé à 35,7, frôlant la zone de survente. Depuis son pic d’octobre à 3,65 euros, la valeur a fondu de plus de moitié.
Tous les regards sont désormais tournés vers le 26 août, date de publication des résultats semestriels. Les investisseurs attendront de voir si les annonces de l’Eurosatory se traduisent enfin en commandes fermes et si le momentum opérationnel parvient à dissiper le brouillard réglementaire.
Publicité
Actions DroneShield: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de DroneShield et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de DroneShield entièrement gratuite : En savoir plus ici !

