La croissance opérationnelle de DroneShield ne suffit pas à rassurer les investisseurs. Sur le marché australien, le titre a enchaîné trois séances de baisse jusqu’au 20 mai, portant la chute à 16,71 % depuis l’annonce de l’enquête formelle de l’ASIC. À Francfort, le cours a clôturé à 1,79 euro, avec un repli hebdomadaire de 9,40 % et une dégringolade de 21,98 % sur un mois. Le spécialiste de la lutte anti-drones paie cher la défiance liée à des cessions massives d’anciens dirigeants, intervenues dans la foulée d’une communication boursière controversée.
Le régulateur australien des marchés financiers examine les faits remontant à novembre 2025. Plus précisément, l’ASIC scrute les annonces diffusées entre le 1er et le 20 novembre, ainsi que les transactions sur titres réalisées du 6 au 12 novembre. Au cœur des investigations : une information publiée le 10 novembre faisant état de trois contrats avec le gouvernement américain pour un montant cumulé de 7,6 millions de dollars US, portant sur des systèmes portables de neutralisation de drones. Le jour même, l’entreprise avait retiré sa communication, invoquant une « erreur administrative » : les accords auraient été « accidentellement présentés comme de nouveaux contrats alors qu’il s’agissait de contrats modifiés ».
La coïncidence avec les ventes d’actions a jeté un froid. Durant la même fenêtre, d’anciens cadres dirigeants — l’ex-PDG Oleg Vornik et l’ex-président du conseil Peter James — ont cédé des blocs de titres représentant une valeur totale de 66,8 millions de dollars australiens. Vornik a quitté ses fonctions le 8 avril 2026, tandis que James doit se retirer du board lors de l’assemblée générale du 29 mai. Le nouveau directeur général, Angus Bean, assure que DroneShield coopère pleinement avec l’ASIC.
Sur le plan opérationnel, la déconnexion est flagrante. Au premier trimestre 2026, le chiffre d’affaires a bondi à 74,1 millions de dollars australiens, soit une hausse de 121 % sur un an. Les encaissements clients ont atteint un record de 77,4 millions de dollars australiens, et le flux de trésorerie opérationnel s’est établi à 24 millions. La trésorerie s’élevait à 222,8 millions de dollars australiens fin mars, sans aucune dette. De quoi financer l’ambitieux programme d’expansion industrielle : la capacité de production annuelle doit passer de 500 millions à 2,4 milliards de dollars australiens d’ici fin 2026, avec des usines d’assemblage prévues en Europe et aux États-Unis.
Le marché n’en tient guère compte. La décote de gouvernance creuse l’écart entre les fondamentaux et la valorisation. Le titre évolue 20 % en dessous de sa moyenne mobile à 50 jours et près de 14 % sous celle à 200 jours. Le RSI à 31,9 témoigne d’une tension, mais ne dissipe pas l’incertitude réglementaire. Pourtant, sur douze mois glissants, l’action conserve une progression de 157,84 %, même si elle a perdu plus de la moitié de sa valeur par rapport à son plus haut sur 52 semaines.
L’assemblée générale du 29 mai cristallise tous les enjeux. Le renouvellement du conseil d’administration et les réformes de gouvernance seront scrutés de près. Un signal crédible sur le renforcement des contrôles internes pourrait atténuer la méfiance. Mais tant que l’ASIC n’aura pas apporté de conclusions claires, le titre restera suspendu entre une dynamique commerciale exceptionnelle et une ombre réglementaire tenace.
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