L’action Valneva reprend timidement des couleurs, gagnant 3 % ce jeudi à 2,50 euros, après l’annonce de progrès opérationnels au Brésil et sur le vaccin contre la maladie de Lyme. Mais ce rebond technique ne masque pas les tensions profondes qui traversent le groupe : un premier trimestre dans le rouge, un objectif de ventes annuelles revu à la baisse et un plan d’économies de 35 % qui passera par des réductions d’effectifs.
Un trimestre plombé par la chute des revenus
Les comptes du premier trimestre ont donné le signal. Le chiffre d’affaires a dégringolé de 37 % et la perte nette a atteint 32 millions d’euros. Pour enrayer l’hémorragie, la direction a décrété un programme de réduction des coûts opérationnels allant jusqu’à 35 %, accompagné d’une diminution significative des effectifs. Dans le même temps, le flux de trésorerie opérationnel s’est resserré à 0,3 million d’euros, signe d’une gestion prudente malgré l’injection récente de 84 millions d’euros via une augmentation de capital réservée à des investisseurs spécialisés comme Frazier Life Sciences.
Des prévisions abaissées en pleine restructuration
Les efforts de redressement n’empêchent pas le management de tempérer les attentes. Pour l’ensemble de l’exercice, les ventes de produits sont désormais attendues au maximum à 150 millions d’euros, et le chiffre d’affaires total ne devrait pas dépasser 160 millions d’euros. Cette révision s’explique par des facteurs géopolitiques et un changement dans la demande de vaccins liés aux voyages. Un contraste marqué avec l’optimisme affiché lors de la dernière levée de fonds.
Des avancées concrètes au Brésil et sur la maladie de Lyme
Au chapitre des bonnes nouvelles, l’autorisation de l’Anvisa, l’agence sanitaire brésilienne, permet désormais à Valneva de produire localement son vaccin contre le chikungunya. L’Instituto Butantan assure la fabrication pour le marché sud-américain, ce qui réduit les obstacles logistiques et ouvre un accès direct à une région à forte demande.
Autre relais de croissance potentiel : le vaccin contre la maladie de Lyme, développé avec Pfizer. Une étude clinique décisive a montré une efficacité de 73 %, et le partenaire américain s’apprête à déposer les dossiers d’homologation. Un succès qui, à terme, pourrait considérablement améliorer les marges.
Un marché porteur pour l’encéphalite japonaise
Malgré les turbulences internes, Valneva conserve une position solide sur le segment des vaccins contre l’encéphalite japonaise, évalué à environ 200 millions de dollars. Le marché mondial devrait progresser de plus de 14 % par an jusqu’en 2033. Par ailleurs, des foyers récents de diphtérie en Australie rappellent l’importance des infrastructures vaccinales, même si Valneva se concentre sur les endémies tropicales.
Une volatilité qui freine tout rebond durable
En Bourse, le titre reste sous pression : avec un gain de 3 % aujourd’hui, il revient à 2,50 euros, mais affiche toujours une chute de 35 % depuis le début de l’année. Le plus bas annuel de 2,25 euros n’est pas loin, et la volatilité annualisée de 58 % témoigne de la nervosité persistante des investisseurs. La tendance baissière de long terme n’est pas encore enrayée.
Des rendez-vous décisifs cet été
L’assemblée générale des actionnaires est fixée au 25 juin 2026, où la direction détaillera sa feuille de route. Les résultats semestriels suivront à la mi-août. En attendant, Valneva mise sur la présentation Bernstein de ce jeudi pour rassurer le marché : le groupe devra convaincre que ses coupes ne compromettent pas l’avenir de ses candidats les plus prometteurs.
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