L’éditeur de jeux vidéo Ubisoft vient de boucler son exercice 2025-26 sur une perte nette IFRS record de 1,475 milliard d’euros, soit plus de six fois le déficit de l’année précédente. Un chiffre qui a plombé le titre, déjà tombé à 4,83 euros après un recul de 8,17 % sur une séance. Depuis le début de l’année, la valeur abandonne 24 % et près de la moitié de sa capitalisation sur douze mois — une défiance que la publication des comptes n’a visiblement pas apaisée.
Des comptes contrastés entre chute des revenus et assainissement du bilan
Les net bookings — indicateur clé du chiffre d’affaires — s’établissent à 1,525 milliard d’euros, en repli de 17,4 %. Sur le seul quatrième trimestre, les réservations ont plongé de 54 % par rapport à la période correspondante, à 415 millions d’euros, chiffre toutefois supérieur aux 390 millions anticipés par le groupe. Le bénéfice par action ressort à −0,54 euro, tandis que le ratio cours/bénéfice atteint −9,49 et la capitalisation boursière 690,6 millions d’euros.
Côté bilan, une lueur : grâce à l’injection de 1,16 milliard d’euros de Tencent, la dette nette a fondu de 885 à 187 millions d’euros. De quoi offrir une marge de manœuvre pour la suite. Le back catalogue, porté par des franchises solides, a contribué à hauteur de 1,28 milliard d’euros aux réservations totales. Rainbow Six Siege comptait encore plus de 10 millions d’utilisateurs actifs mensuels en mars, tandis que la licence Assassin’s Creed dépassait les 30 millions de joueurs actifs sur l’année.
Une restructuration radicale aux lourdes conséquences sociales
Depuis septembre 2022, Ubisoft a supprimé environ 4 000 postes, dont 1 200 au cours du seul dernier exercice. L’effectif n’est plus que de 16 600 salariés. Parallèlement, sept projets ont été abandonnés, six autres repoussés, et la moitié des studios a été réorganisée en cinq « Creative Houses ». Les coûts fixes ont été réduits de 118 millions d’euros, avec un objectif d’économies annuelles de 500 millions d’euros d’ici mars 2028 — un cap ambitieux qui suppose plusieurs trimestres encore difficiles.
Des perspectives prudentes et un marché sceptique
L’exercice 2026-27 est d’ores et déjà présenté comme une nouvelle année de transition. Les net bookings devraient encore reculer d’un pourcentage élevé à un chiffre, la marge opérationnelle rester négative, et la consommation de free cash-flow pourrait atteindre 500 millions d’euros. Ubisoft n’anticipe un retour à des résultats positifs qu’à compter de 2027-28, à condition que les prochains volets d’Assassin’s Creed, Far Cry et Ghost Recon — prévus entre avril 2027 et mars 2029 — rencontrent leur public. Premier jalon : la sortie en juillet 2026 d’Assassin’s Creed Black Flag Resynced.
En Bourse, la défiance est palpable. Le titre évolue 23 % sous sa moyenne mobile à 200 jours (6,44 euros), tout en restant au-dessus du plus bas récent de 3,77 euros. La volatilité à 30 jours atteint 70,01 %. Surtout, 15 % du capital est vendu à découvert, notamment par Citadel et Marshall Wace. Les investisseurs attendent les résultats officiels — publiés le 20 mai 2026 — pour y voir plus clair, mais la tendance lourde est déjà installée.
Un secteur en recomposition
Pendant ce temps, l’industrie du jeu vidéo continue de se réorganiser. Le suédois Embracer, par exemple, s’apprête à introduire en Bourse à Stockholm Fellowship Entertainment, une entité qui regroupera des marques prestigieuses comme Le Seigneur des Anneaux et Tomb Raider. Ubisoft, de son côté, mise aussi sur des opérations de communication grand public, comme une chasse au trésor dans les Caraïbes dotée d’un prix de 500 000 dollars. Mais pour les actionnaires, seuls les chiffres comptent. Et ceux de l’exercice écoulé confirment que la route vers la stabilisation sera longue.
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