Le fossé n’a jamais été aussi large entre la vitalité du carnet de commandes de DroneShield et le traitement que lui inflige la Bourse. Le spécialiste australien de la lutte anti-drones voit ses affaires prospérer, mais son action s’effondre. Vendredi, le titre a encore cédé près de 9 %, clôturant à 1,28 euro. Sur les trente derniers jours, la perte atteint environ 34 %, et le recul depuis le plus haut annuel de 3,65 euros – touché en octobre dernier – dépasse les 64 %. L’indice RSI à 14 jours, désormais voisin de 20, signale une situation de survente extrême. Certains analystes techniques redoutent que le cours ne vienne tester le plancher des 0,82 euro.
À l’inverse de cette déconfiture boursière, la société aligne des indicateurs opérationnels flatteurs. Au premier trimestre 2026, le chiffre d’affaires a bondi de 121 %, à 74 millions de dollars australiens, soit le deuxième meilleur trimestre de son histoire. Fin mars, les revenus assurés (backlog) atteignaient déjà 155 millions de dollars américains. DroneShield dispose en outre d’une trésorerie de 220 millions de dollars australiens, sans aucune dette, tandis que son pipeline commercial dépasse les 2 milliards de dollars.
Parallèlement, le groupe accélère son déploiement en Europe. Il met en place une chaîne d’approvisionnement en Pologne, avec des partenaires locaux pour la fabrication et l’électronique, après avoir ouvert un nouveau siège et une unité de production à Amsterdam. Le système maison, qui perturbe les communications des drones par fréquences radio sans les détruire physiquement, séduit les militaires et les opérateurs d’infrastructures critiques. Sur le front des grands contrats, DroneShield vient de décrocher une mission de protection de l’espace aérien pour les préparatifs de la Coupe du monde de football 2026 à Kansas City. Aux États-Unis, un contrat de défense attribué en juin apporte un premier versement de 24,9 millions de dollars.
Pour diriger cette expansion, la direction recrute un profil de poids : l’ancien contre-amiral Lee Goddard rejoindra le conseil d’administration en juillet 2026, fort de décennies d’expérience dans le secteur de la défense. En parallèle, DroneShield cherche à développer les revenus récurrents via des abonnements logiciels à forte marge, avec un objectif de 30 % du chiffre d’affaires à terme. Le marché global de la lutte anti-drones devrait tripler d’ici 2030, pour dépasser 14 milliards de dollars américains. DroneShield mise sur le lancement d’une nouvelle génération de matériel au second semestre 2026 pour capitaliser sur cette tendance.
Le contraste est saisissant : alors que la machine industrielle tourne à plein régime, la sanction boursière ne faiblit pas. Les opérateurs attendent peut-être un déclencheur concret – comme les prochains résultats ou la concrétisation du programme d’armement américain – pour renouer avec le titre. D’ici là, le titre reste à la merci d’un marché qui semble faire la sourde oreille aux succès opérationnels.
Publicité
Actions DroneShield: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de DroneShield et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de DroneShield entièrement gratuite : En savoir plus ici !

