Le spécialiste australien de la lutte anti-drones vient de franchir un cap industriel décisif. Le 15 juin 2026, DroneShield a livré son premier équipement de contre-mesures produit en Europe, depuis son nouveau siège d’Amsterdam. Une semaine plus tard, le 16 juin, le groupe a dévoilé une alliance technologique avec l’américain Parsons Corporation, intégrant ses solutions de détection par intelligence artificielle et de guerre électronique dans la plateforme DroneArmor™. L’architecture ouverte promet aux clients militaires et civils une interopérabilité accrue, loin des systèmes propriétaires habituels.
Ce double événement intervient dans un climat boursier tendu. L’action cote 1,74 euro, soit plus de 52 % sous son plus haut des douze derniers mois (3,65 euros en octobre 2025). Pourtant, sur un an, le titre affiche encore une progression de 71 %. Le RSI, à 39,6, signale une zone techniquement survendue, laissant entrevoir un possible rebond technique – à condition que les catalyseurs fondamentaux se matérialisent.
Le principal levier attendu est un contrat qualifié de « transformateur » d’une valeur de 730 millions de dollars australiens, inclus dans un portefeuille de 312 projets totalisant 2,2 milliards AUD. La décision sur ce mégacontrat est prévue au second semestre 2026. En attendant, les comptes du premier trimestre affichent une croissance spectaculaire : le chiffre d’affaires a bondi de 121 % pour atteindre environ 74 millions AUD, et l’entreprise s’est retrouvée sans dette ni prélèvement sur ses réserves de trésorerie à la fin mars.
La demande américaine soutient cette dynamique. Le Pentagone a commandé des systèmes pour près de 25 millions de dollars, et les services de protection des frontières du Texas ont passé une commande d’équipements. Un programme fédéral de subventions amplifie encore la demande aux États-Unis. Parallèlement, une petite augmentation de capital a eu lieu : environ 823 000 nouvelles actions ont été émises le 26 juin, issues de la conversion d’options existantes.
Mais l’ambiance en Bourse reste plombée par les investigations de l’ASIC, le gendarme financier australien. L’autorité enquête sur des transactions réalisées en novembre 2025 par l’ancien directeur général Oleg Vornik et deux autres dirigeants. Ceux-ci avaient vendu d’importants blocs d’actions juste avant que DroneShield n’annonce un contrat de plusieurs millions – annonce retirée quelques heures plus tard, qualifiée d’« erreur administrative ». La défiance des gros porteurs s’est accrue : JPMorgan, Citigroup et BlackRock sont passés sous le seuil de déclaration de 5 % depuis mai, imités par un autre actionnaire significatif en juin.
La direction a tenté de tourner la page en avril avec la nomination d’Angus Bean au poste de CEO. Mais l’assemblée générale a infligé un camouflet : plus de la moitié des actionnaires ont rejeté le rapport sur la rémunération des dirigeants. Le 26 août, les résultats semestriels seront scrutés pour y déceler les premiers effets de la capacité européenne. Aux États-Unis, l’usine tourne déjà avec quatre mois d’avance sur le calendrier prévu. Si le support technique autour de 1,70 euro tient, le mégacontrat pourrait bien faire sauter le verrou.
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