L’once d’or aligne ce mercredi sa cinquième séance de hausse consécutive, portée par un cocktail inédit : un accord de paix entre Washington et Téhéran, une Fed prudente et, surtout, un appétit historique des banques centrales pour le métal jaune. Le cours s’établit à 4 361,50 dollars, soit un gain de 0,70 % sur la journée, après avoir touché 4 342 dollars dans la foulée des déclarations de la Réserve fédérale.
L’apaisement géopolitique au Proche-Orient a d’abord pesé sur le baril : le Brent est brièvement passé sous les 80 dollars, tirant vers le bas les anticipations d’inflation et le dollar, qui flirte avec son plus bas depuis dix jours. Les États-Unis et l’Iran ont conclu un accord provisoire prévoyant une trêve de soixante jours et la réouverture complète du détroit d’Ormuz d’ici vendredi. La signature officielle du mémorandum doit avoir lieu ce même jour à Genève. Une détente qui, en temps normal, pénalise l’or, mais qui cette fois profite à l’once grâce à des forces contraires.
De l’autre côté de l’Atlantique, la Fed tient sa première réunion sous la houlette de Kevin Warsh. Sans surprise, le taux directeur reste dans la fourchette de 3,50 à 3,75 %. L’attention se concentre sur les perspectives : l’outil FedWatch du CME indique que la probabilité d’un nouveau resserrement en décembre a chuté de 70 à 58 % en une semaine. Moins de pression monétaire, c’est moins de concurrence pour les actifs non rémunérés comme l’or. Parallèlement, la Banque du Japon a relevé son taux directeur à 1,0 %, son plus haut niveau depuis 1995 – un resserrement qui, à l’échelle mondiale, renforce l’attrait du métal précieux comme valeur refuge.
Mais c’est la demande des banques centrales qui constitue le véritable socle. Selon la dernière enquête du World Gold Council menée entre février et mai auprès de 74 réserves managers, 45 % d’entre eux prévoient d’accroître leurs réserves d’or dans les douze prochains mois – le taux le plus élevé depuis le début de la collecte en 2018. Seule une institution envisage des ventes. Plus frappant encore : 89 % des répondants anticipent une hausse des réserves mondiales totales. Les pays émergents sont en première ligne : plus de la moitié d’entre eux prévoient de renforcer leurs avoirs, profitant du récent repli du cours pour acheter à bon compte.
Sur le plan technique, l’once a reconquis des niveaux clés après le creux de 4 000 dollars touché début mars. La prochaine résistance se situe à 4 381 dollars, juste au-dessus du précédent closing de 4 361,50 dollars. Le métal reste néanmoins sous sa moyenne mobile à 50 jours (environ 4 585 dollars) et accuse encore un recul de 22 % par rapport au sommet de janvier à 5 626,80 dollars. En sept jours, le gain atteint tout de même 6,5 %.
À plus long terme, l’infrastructure asiatique se renforce. Singapour met en place un nouveau système de compensation pour le gré à gré sur l’or, baptisé « Loco Singapore », qui doit être opérationnel d’ici fin 2026. Dès octobre, la banque centrale de la cité-État proposera un service de conservation aux réserves étrangères. JPMorgan figure déjà parmi les partenaires. Le marché physique crée ainsi un double plancher : les achats massifs des banques centrales et la modernisation des circuits de trading.
La conférence de presse de Kevin Warsh mercredi soir servira de catalyseur immédiat. Mais au-delà des fluctuations, la tendance de fond reste haussière tant que le support des 4 300 dollars tient. Les réserves mondiales n’ont jamais été aussi demandées – et l’or en est le premier bénéficiaire.
Publicité
Gold: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de Gold et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de Gold entièrement gratuite : En savoir plus ici !

