Jamais l’écart n’a semblé aussi criant entre les performances de DroneShield et l’accueil que leur réserve le marché. Le spécialiste de la lutte anti-drones affiche des flux de trésorerie records, une pipeline commerciale de 2,2 milliards de dollars australiens et des liquidités qui dépassent les 222 millions. Pourtant, son action peine à convaincre, lestée par une enquête formelle de l’ASIC et un changement de politique de communication qui réduit la visibilité à court terme.
Une enquête qui plane sur les transactions de novembre 2025
Le régulateur australien a ouvert une procédure ciblée sur les annonces faites par la société durant la première quinzaine de novembre 2025. L’ASIC examine également les mouvements anormaux du titre sur cette période. La direction a promis une coopération totale. L’annonce a fait plonger l’action de près de 9 % à Sydney. À la clôture de lundi, le titre se négociait 2,15 euros à Francfort, en baisse de près de 5 % sur une semaine.
Cette ombre réglementaire vient ternir un tableau opérationnel éclatant. Au premier trimestre 2026, les encaissements clients ont bondi à 77,4 millions de dollars australiens, soit une multiplication par 4,6 par rapport à l’an dernier. Le chiffre d’affaires s’est établi à 74 millions. Surtout, le flux de trésorerie opérationnel est devenu positif à 24,1 millions, contre un déficit de 17,9 millions un an plus tôt. La trésorerie nette atteint 222,8 millions, sans aucune dette.
Un seuil de déclaration relevé, moins de transparence
Alors que les ventes montent en puissance, DroneShield a relevé le seuil de matérialité pour la communication des contrats, passant de 5 à 20 millions de dollars australiens. Le nouveau directeur général, Angus Bean, justifie cette décision par la hausse du ticket moyen : les deals de taille intermédiaire n’auraient plus vocation à être annoncés individuellement. Pour les investisseurs particuliers, cette moindre transparence complique le suivi du carnet de commandes, élément clé d’une valorisation déjà tendue.
La direction insiste sur la transformation du mix : les commandes récurrentes de plus petite taille s’enchaînent désormais de manière plus prévisible. La pipeline totale compte 312 projets actifs, dont près de la moitié en Europe et au Royaume-Uni, soit environ 1,1 milliard de dollars. Le chiffre d’affaires annuel cumulé atteint 154,8 millions.
Changements à la tête et nouvelle offensive stratégique
L’enquête de l’ASIC survient en pleine transition de gouvernance. Angus Bean a pris la direction générale en avril, succédant à Oleg Vornik. Hamish McLennan, pressenti pour prendre la présidence du conseil d’administration après le départ de Peter James, doit être officiellement élu lors de l’assemblée générale du 29 mai 2026 à Sydney.
Sur le plan industriel, DroneShield accélère. Un protocole d’accord a été signé avec le danois Terma pour développer des systèmes de défense interconnectés. Une nouvelle usine de 3 000 m² à Sydney doit soutenir l’objectif « Readiness 2030 », qui vise un chiffre d’affaires annuel d’un milliard de dollars australiens, dont un tiers provenant d’abonnements logiciels à forte marge. La capacité de production devrait atteindre 2,4 milliards par an d’ici fin 2026, avec des montages en Europe et aux États-Unis pour raccourcir les délais de livraison aux clients gouvernementaux.
Côté logiciel, le produit SaaS basé sur l’IA, RFAI-ATK, est en test client élargi et devrait être lancé commercialement au milieu de l’année.
Une valorisation sous tension, des analystes partagés
Malgré ces avancées, le marché reste méfiant. À 2,13 euros, le titre accuse un recul de plus de 41 % par rapport à son sommet sur douze mois, tout en affichant encore un gain de 158 % sur la même période. Techniquement, le cours évolue sous sa moyenne mobile à 50 jours mais au-dessus de la moyenne à long terme.
Bell Potter maintient une recommandation d’achat avec un objectif de 4,80 dollars australiens, ce qui représente un potentiel de 25 % environ. Jefferies a initié le suivi avec une opinion « conserver » et un objectif de 3,70 dollars, jugeant la valorisation élevée tant que la visibilité sur les résultats reste limitée.
Le test décisif viendra de la conversion de la pipeline en commandes fermes. Si les ventes accélèrent, la perte de transparence liée au nouveau seuil pèsera moins. Dans le cas contraire, la pression sur l’action pourrait s’accentuer. L’assemblée générale du 29 mai permettra d’en savoir plus sur les conclusions de l’ASIC et sur la feuille de route du nouveau management.
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