L’action DroneShield, malmenée depuis son sommet de l’automne dernier, tente un rebond. Le titre a grimpé de plus de 4 % en une séance, à 1,51 euro, et affiche une progression de 5 % sur les sept derniers jours. Pourtant, le solde annuel reste lourd : la valeur accuse encore un recul de près de 24 % depuis janvier. Avec une volatilité annualisée de 72 %, le dossier demeure un pari risqué, mais les nouvelles en provenance des États-Unis et d’Europe redonnent un peu d’air.
Le ministère américain de la Défense vient d’attribuer à la société australienne un contrat de 25 millions de dollars. Les capteurs de DroneShield, capables de s’intégrer dans les plateformes existantes des clients américains, ont notamment démontré leur compatibilité avec le logiciel DroneArmor de Parsons. Parallèlement, un partenariat avec Overland AI permet d’embarquer ces systèmes sur des véhicules terrestres sans pilote. De quoi renforcer la crédibilité de la firme sur le marché nord-américain.
Côté gouvernance, un renfort de poids vient d’entrer au conseil de surveillance. Lee Goddard, ancien contre-amiral de la marine australienne, apporte trois décennies d’expérience dans la défense. Sa mission : aiguiser la stratégie du spécialiste de l’antidrone, alors que la demande mondiale explose face à la menace croissante des drones sur les infrastructures critiques. Une étude interne de DroneShield révèle d’ailleurs que près de 70 % des opérateurs jugent leur propre détection insuffisante, que 60 % n’ont pas le droit légal d’intervenir directement et qu’un sixième fonctionne sans aucun plan de défense formel.
En Europe, le groupe accélère sa montée en puissance. L’usine d’Amsterdam livre depuis juin ses premières unités, tandis que les chaînes d’approvisionnement en Allemagne et en Pologne se consolident. DroneShield s’associe également au spécialiste Defenture pour intégrer ses technologies antiaériennes sur des véhicules militaires, une offre taillée pour les forces européennes et de l’Otan. L’objectif : une production souveraine sur le Vieux Continent.
Sur le plan technique, le titre sort peu à peu d’une zone survendue : le RSI remonte à 39, contre des niveaux extrêmes ces dernières semaines. Toutefois, la prochaine échéance sera cruciale. Les résultats semestriels devront démontrer que ces alliances se traduisent en chiffre d’affaires concret. Avec Goddard au conseil et un carnet de commandes en perspective, DroneShield amorce une nouvelle phase, mais le chemin vers le sommet reste escarpé.
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