Jamais les fondamentaux de DroneShield n’avaient été aussi solides. Jamais le titre n’avait chuté aussi violemment. En une semaine, l’action du spécialiste de la lutte anti-drones a dévissé de près de 23 %, pour clôturer vendredi à 1,28 euro. Avec un RSI de 19,9, le papier est techniquement survendu. Pourtant, derrière ce tableau sombre, l’activité opérationnelle tourne à plein régime.
Une enquête qui empoisonne le titre
Toute la défiance du marché tient à une seule cause : l’enquête ouverte par le régulateur australien ASIC. Les investigations portent sur des transactions effectuées en novembre 2025 par l’ancien PDG Oleg Vornik et deux autres administrateurs. Peu après avoir cédé l’intégralité de leurs participations – un produit estimé à près de 70 millions de dollars –, la société avait annoncé un contrat de 7,6 millions de dollars australiens, avant de rétracter ce communiqué quelques heures plus tard. Un enchaînement qui a mis le feu aux poudres. Les deux dirigeants ont depuis quitté l’entreprise, mais l’ombre de la procédure continue de peser lourdement sur le cours.
Une activité en pleine accélération
Le contraste est saisissant avec les performances opérationnelles. Au premier trimestre, le chiffre d’affaires a bondi de 121 % pour atteindre 74 millions de dollars australiens. La société est sans dettes et dispose de réserves de trésorerie confortables. Surtout, le pipeline mondial compte désormais 312 projets, représentant un volume total de 2,2 milliards de dollars. La moitié de ce montant provient d’Europe et du Royaume-Uni. Un contrat géant de 730 millions, dont l’attribution est attendue au second semestre, pourrait à lui seul changer la donne.
L’expansion européenne s’accélère. DroneShield a lancé en juin une campagne de chaîne d’approvisionnement en Pologne – pays qui consacre plus de 4 % de son PIB à la défense. Une première usine de production locale est déjà opérationnelle à Amsterdam, et les premiers systèmes « made in Europe » doivent sortir des chaînes d’ici la mi-année.
Un amiral pour ouvrir de nouvelles portes
Pour renforcer ses connexions institutionnelles, le groupe accueille en juillet l’amiral Lee Goddard au sein du conseil d’administration. Cet ancien patron de l’agence des missiles australienne apporte trente ans d’expérience dans le secteur de la défense, avec des liens privilégiés aux États-Unis et en Australie. Son arrivée vise à aligner les technologies de DroneShield sur les besoins des armées.
Le virage logiciel en ligne de mire
Parallèlement, la direction pousse le modèle vers les revenus récurrents. Les ventes de logiciels ont triplé au premier trimestre, mais elles ne représentent encore que 7 % du chiffre d’affaires total. L’objectif est d’atteindre au moins 30 % d’ici 2030 – un chemin encore long mais stratégique pour lisser la dépendance aux gros contrats ponctuels.
Tous les regards sur le 26 août
Le 26 août, DroneShield publiera ses résultats semestriels. Au-delà des performances des nouvelles lignes de production européennes, le marché attend un signal fort sur l’état d’avancement de l’enquête ASIC. Sans conclusion officielle, l’envolée opérationnelle risque de rester lettre morte pour le cours. La situation technique reste extrêmement tendue : l’action évolue à 34 % sous sa moyenne mobile à 50 jours.
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