L’action Hermès a perdu près d’un tiers de sa valeur depuis l’été 2025, glissant de 2 465 euros (son plus haut sur 52 semaines) à environ 1 600 euros. Le titre a timidement rebondi de 1,4 % en fin de semaine dernière, mais reste loin de compenser un repli de 35 % et une chute de près de 25 % depuis le début de l’année. Ce modeste rebond intervient dans un contexte sectoriel pourtant porteur.
Le catalyseur est venu du concurrent Richemont, propriétaire de Cartier, qui a publié un chiffre d’affaires trimestriel de 5,4 milliards d’euros, en hausse de 13 % à taux de change constants, dépassant le consensus de 5,3 milliards. La demande américaine et asiatique a compensé la faiblesse au Moyen-Orient. Ce signal positif n’a toutefois pas suffi à offrir à Hermès une reprise durable : après avoir touché 1 622 euros mercredi, le titre est redescendu pour clôturer à 1 599 euros vendredi.
Les performances propres d’Hermès restent solides. Au premier trimestre, le groupe a enregistré une croissance organique de 5,6 % de son chiffre d’affaires, à 4,07 milliards d’euros. Les Amériques ont bondi de 17,2 % et le Japon de 9,6 %, tandis que la France a reculé de 2,8 % et le Moyen-Orient de 5,9 %. Sur l’exercice complet, le chiffre d’affaires a atteint 16 milliards d’euros (+8 %) et le bénéfice net a grimpé de près de 10 %, à 4,5 milliards d’euros.
C’est sur la valorisation que le bât blesse. Avec un cours de 1 607 euros, le ratio cours/bénéfice ressort à 38,8, soit plus du double de la moyenne du secteur luxe européen (18,2). Les analystes estiment la juste valeur du titre à 1 505 euros, ce qui implique une surévaluation d’environ 11 % par rapport au cours actuel. Ce niveau de prime reflète certes le statut d’ultra-luxe d’Hermès, avec ses sacs Birkin et Kelly synonymes de rareté, mais il rend l’action vulnérable à tout retournement.
Plusieurs nuages noirs planent à l’horizon. D’une part, la menace de nouvelles taxes sur les groupes de luxe français, qui pèseraient directement sur les comptes d’Hermès basé à Paris. D’autre part, le pétrole brut Brent au-dessus de 104 dollars le baril entretient l’inflation et pourrait freiner la consommation, même chez les clients aisés.
Sur le plan technique, le rebond récent a propulsé le RSI à 78, signalant une situation de surachat à court terme. La moyenne mobile à 50 jours (1 683 euros) et celle à 200 jours (2 001 euros) se situent bien au-dessus du cours, confirmant la tendance baissière de fond. La zone de support immédiate se trouve à 1 578 euros (plus bas annuel), tandis que la résistance se situe entre 1 656 et 1 683 euros. La structure du capital, elle, reste stable : 105,6 millions d’actions en circulation et 178,5 millions de droits de vote effectifs, sans impact sur la dynamique boursière.
Le prochain rendez-vous décisif pour Hermès sera la publication des résultats semestriels en juillet 2026. D’ici là, les investisseurs arbitreront entre la capacité du groupe à maintenir sa croissance dans les zones dynamiques (Amériques, Japon) et les risques macroéconomiques et fiscaux qui pourraient justifier une décote supplémentaire. La question du maintien d’un KGV de près de 39 dans un contexte de ralentissement reste ouverte.
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