Le marché de l’or vit une semaine paradoxale. D’un côté, les banques centrales mondiales ont porté leurs achats à un niveau record au premier trimestre ; de l’autre, l’Inde double ses droits d’importation et la Fed maintient la pression sur les taux. Le métal jaune tente de trouver un équilibre. Vendredi, l’once a reculé de 0,48% à 4.522,60 dollars. Sur la semaine, le repli atteint 0,73%, et 4,44% depuis le début du mois. Seul le compartiment annuel reste positif, avec une hausse de 4,16% depuis janvier.
Le principal choc vient de New Delhi. La décision de la nouvelle administration indienne de relever les droits d’importation sur l’or de 6% à 15% a pris les marchés de court. Officiellement, il s’agit de préserver les réserves de change. Dans les faits, cette mesure risque de réduire sensiblement la demande du deuxième plus grand consommateur mondial d’or physique, où bijoux et lingots sont des piliers du marché local. Le contrecoup est immédiat pour les cours, alors que la saison des mariages en Inde approche.
En parallèle, les banques centrales continuent d’accumuler le métal jaune à un rythme soutenu. Selon le World Gold Council, elles ont acheté 244 tonnes nettes au premier trimestre 2026, soit une progression de 17% par rapport au trimestre précédent. La Pologne, la Chine et l’Ouzbékistan figurent parmi les plus actifs. Goldman Sachs a immédiatement révisé à la hausse ses hypothèses : la banque anticipe désormais 60 tonnes d’achats mensuels, contre 29 tonnes auparavant. Cette demande institutionnelle agit comme un amortisseur face aux turbulences des taux et du dollar.
De l’autre côté de l’Atlantique, l’ambiance reste morose pour l’or. L’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan est tombé à 44,8 points en mai, bien en deçà des 48,2 points attendus. Dans le même temps, les anticipations d’inflation à un an des ménages américains ont grimpé à 4,5%. Pour la Fed, le message est clair : la priorité reste le combat contre la hausse des prix. Kevin Warsh, le président de la Fed, et son collègue Christopher Waller ont réaffirmé vendredi que les taux devaient rester élevés plus longtemps. Résultat, le dollar se raffermit et les rendements obligataires montent, deux vents contraires pour un actif qui ne génère aucun revenu.
Le tableau est d’autant plus déconcertant que les indicateurs économiques américains se dégradent. L’indice de la Fed de Philadelphie, qui mesurait encore 26,7 points en avril, a plongé à -0,4 point en mai. Mais le marché préfère retenir les pressions inflationnistes alimentées par la hausse du pétrole plutôt que ce signal de ralentissement. Le RSI de l’or, à 49,8 points, reste en territoire neutre, sans direction claire.
Techniquement, la zone des 4.500 dollars s’impose comme le seuil psychologique à défendre. En cas de cassure sous ce niveau, le mouvement baissier pourrait s’accélérer. Mais tant que la demande des banques centrales reste aussi vigoureuse, une correction trop violente semble contenue. La moyenne mobile à 100 jours, à 4.835 dollars, se situe bien au-dessus du cours actuel, ce qui suggère un potentiel de rebond dès que les vents des taux tourneront. À la hausse, la résistance des 4.547 dollars servira de test pour les acheteurs.
Les grandes banques d’investissement conservent leur optimisme de long terme. Goldman Sachs vise 5.400 dollars d’ici fin 2026 ; UBS table sur un retour à 5.200 dollars, porté par les tensions géopolitiques ou un affaiblissement du dollar. Mais pour l’heure, l’or évolue dans un couloir étroit, tiraillé entre la voracité des autorités monétaires et les vents contraires indiens et américains. La clé de la semaine prochaine sera de savoir si le seuil des 4.500 dollars tient.
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