La semaine qui s’ouvre s’annonce comme un véritable test de résistance pour l’iShares MSCI World ETF (URTH). Entre les publications des géants technologiques, la décision de la Fed et des indicateurs macroéconomiques clés, le fonds se trouve à la croisée des chemins. Vendredi, il a clôturé à 195,27 dollars, flirtant avec son plus haut annuel de 195,79 dollars, tandis que son RSI, à près de 95, signale une zone de surachat extrême. Depuis janvier, l’ETF a gagné environ 5 %, une performance flatteuse mais fragile.
Les poids lourds de la tech passent aux aveux
Le secteur technologique pèse plus de 26 % dans le portefeuille du fonds. Mercredi 29 avril, après la clôture des marchés américains, Alphabet, Microsoft et Meta dévoileront leurs comptes. Apple leur emboîtera le pas jeudi. Ensemble, ces quatre entreprises cumulent une capitalisation boursière dépassant les 15 000 milliards de dollars. Le marché attend des signes tangibles que les investissements colossaux dans l’intelligence artificielle se traduisent enfin en revenus.
Pour Alphabet, le consensus table sur un bénéfice par action de 2,68 dollars et un chiffre d’affaires d’environ 107 milliards de dollars. Aucun analyste ne recommande la vente du titre. Le groupe prévoit des dépenses d’investissement comprises entre 175 et 185 milliards de dollars pour l’exercice 2026, soit près du double de l’année précédente. Microsoft, qui représente 3,44 % du portefeuille, avait affiché une croissance de 17 % de son chiffre d’affaires au trimestre précédent, portée par Azure (+39 %). TD Cowen a toutefois abaissé son objectif de cours à 540 dollars, évoquant des goulets d’étranglement dans l’infrastructure GPU.
Apple dévoilera ses résultats jeudi. Les analystes anticipent une croissance du chiffre d’affaires au deuxième trimestre 2026 comprise entre 13 et 16 %. La firme à la pomme bénéficie d’un rebond inattendu en Chine : ses livraisons d’iPhone y ont bondi de 20 %, alors que le marché global reculait de 4 %. Meta, de son côté, prévoit des investissements pouvant atteindre 135 milliards de dollars d’ici 2026.
La Fed et l’inflation en embuscade
Au cœur de cette saison de résultats, la Réserve fédérale américaine rendra sa décision de politique monétaire mercredi. Une baisse des taux est jugée très improbable ; le taux directeur devrait rester dans sa fourchette actuelle. La plupart des banques n’envisagent pas de premier geste avant septembre. Jeudi, le PIB du premier trimestre sera publié, en même temps que l’indice PCE, mesure d’inflation préférée de la Fed. La core inflation s’est montrée tenace ces derniers mois. Si la croissance économique s’avère faible, la banque centrale se trouverait coincée entre une inflation persistante et une activité atone, réduisant d’autant sa marge de manœuvre pour d’éventuelles baisses de taux.
Banques au zénith, pharmacie sous pression
Le secteur financier, deuxième pondération du fonds avec 16,17 %, a déjà livré une saison de résultats éclatante. Morgan Stanley a franchi pour la première fois la barre des 20 milliards de dollars de revenus trimestriels, avec un bénéfice en hausse de 29 % à 5,57 milliards. JPMorgan Chase et Goldman Sachs avaient également annoncé des records dans leurs activités de trading.
En revanche, la santé, qui pèse près de 9,5 % du portefeuille, est sous le coup de nouvelles menaces. Des droits de douane américains sur les produits pharmaceutiques doivent entrer en vigueur fin juillet 2026, avec des taux pouvant atteindre 100 % pour les fabricants sans accord de prix aux États-Unis. Les producteurs de l’UE, du Japon, de la Corée du Sud et de Suisse seraient frappés à 15 %, ceux du Royaume-Uni à 10 %. Les analystes estiment que ces mesures pourraient freiner la croissance mondiale et ajouter environ 0,5 point de pourcentage à l’inflation.
Guerre des frais et révision méthodologique
Dans la bataille pour attirer les investisseurs sensibles aux coûts, Invesco a réduit début avril les frais de gestion de son ETF MSCI World de 0,19 % à 0,05 %. BlackRock, maison mère de l’iShares MSCI World, oppose un argument de taille : sa tracking difference exceptionnellement basse de 0,02 %. La Royal Bank of Canada a d’ailleurs renforcé sa position de 17,5 %, portant sa participation à environ deux millions de parts. Sur les trois derniers mois, le fonds a enregistré des entrées nettes de quelque 770 millions de dollars.
À partir de mai 2026, MSCI modifie en profondeur sa méthodologie de calcul du flottant, avec un système de classification à trois niveaux. Les ajustements de portefeuille qui en résulteront pourraient modifier sensiblement la pondération de poids lourds comme Nvidia, bien plus qu’une rééquilibration trimestrielle classique.
Le prochain détachement de coupon est fixé au 15 juin 2026, après une année de croissance du dividende de plus de 20 %. D’ici là, le sort de l’ETF se jouera en grande partie sur les chiffres qu’Alphabet, Microsoft et Apple dévoileront dans les prochaines heures.
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