Les résultats trimestriels des géants technologiques et une réforme indexielle historique vont soumettre l’ETF iShares MSCI World (URTH) à une pression inhabituelle ce printemps. Avec un encours de huit milliards de dollars, le fonds doit naviguer entre des publications d’entreprises cruciales et un changement de règles qui remodelera son portefeuille.
Microsoft, qui représente une part significative de l’actif, présente ses comptes le 29 avril dans un contexte de défiance. Son titre évolue actuellement plus de 30% en dessous de son plus haut historique, les investisseurs s’interrogeant sur la solidité du carnet de commandes de son activité cloud, Azure. La maison d’analyse TD Cowen maintient une recommandation d’achat, mais a révisé son objectif de cours à la baisse à 540 dollars, pointant des contraintes sur les capacités de production de GPU. Les prévisions tablent sur un bénéfice ajusté par action de 16,46 dollars pour l’exercice en cours, en hausse d’environ 21%.
Apple, dont les résultats suivent le 30 avril, aborde ce rendez-vous avec des indicateurs plus favorables. Le groupe a enregistré une progression de 20% des livraisons d’iPhone en Chine au dernier trimestre, une performance remarquable alors que le marché chinois du smartphone dans son ensemble se contractait de 4%. Les analystes anticipent une croissance du chiffre d’affaires à deux chiffres pour le géant de Cupertino.
Ces deux titres pèsent à eux seuls près de 8% du portefeuille de l’ETF, qui en compte environ 1 300 répartis sur 23 pays développés. Le secteur technologique dans son ensemble domine la stratégie avec une allocation de presque 27%.
Parallèlement à ce feu roulant de publications, une transformation majeure se profile pour mai 2026. L’indexeur MSCI modifie fondamentalement sa méthodologie de calcul en introduisant un nouveau système de classification du flottant. Les actions seront désormais réparties en trois paliers, une évolution destinée à affiner les pondérations et stabiliser l’indice. Les conséquences pour le fonds seront considérables, entraînant des réallocations massives qui éclipseront les révisions trimestrielles habituelles. Des méga-capitalisations comme Nvidia pourraient voir leur poids significativement ajusté.
D’autres secteurs apportent déjà leur contribution. La finance, deuxième branche la plus importante du fonds, a livré un premier trimestre solide. Morgan Stanley a vu son bénéfice net bondir de 29% à 5,57 milliards de dollars, tandis que JPMorgan Chase a engrangé des revenus records de 11,6 milliards de dollars sur ses activités de marché, dépassant les estimations de bénéfice d’environ 9%. Ces performances étayent les prévisions de FactSet, qui table sur une croissance des profits du S&P 500 de 12,5% pour le T1 2026, la plus longue série du genre depuis plus de dix ans.
Le Japon, seconde allocation géographique de l’indice, mise quant à lui massivement sur l’intelligence artificielle. Le gouvernement a porté le soutien public au fabricant de puces Rapidus à 16,3 milliards de dollars. Par ailleurs, SoftBank, NEC, Honda et Sony ont fondé une entreprise commune dédiée à l’IA. Puisque SoftBank, Sony et Honda sont eux-mêmes présents dans le MSCI World, l’ETF pourrait bénéficier directement d’une éventuelle revalorisation.
Le paysage comporte toutefois des zones d’ombre. Le secteur de la santé, qui représente 9,45% de l’URTH, est sous la menace de nouveaux droits de douane américains. L’administration Trump a instauré des tarifs pouvant atteindre 100% sur les médicaments brevetés, avec un taux réduit de 15% pour les produits importés d’Europe, du Japon et de la Suisse, applicable fin juillet. Les analystes anticipent un coup de fouet inflationniste d’environ 0,5 point de pourcentage et une compression des marges pour les entreprises concernées, conduisant déjà FactSet à revoir à la baisse ses prévisions de bénéfices pour la branche.
Sur le front des coûts, la guerre des frais fait rage. Des concurrents comme Invesco et UBS ont abaissé leurs tarifs à des niveaux minimaux, respectivement 0,05% et 0,06%. BlackRock, pour sa part, maintient le sien à 0,24% pour son produit iShares, mettant en avant l’écart de suivi extrêmement faible de 0,02% et la liquidité élevée de son ETF. Cet argument semble convaincre certains grands investisseurs, à l’image de la Royal Bank of Canada qui a accru sa position de 17,5% au quatrième trimestre 2025, portant son portefeuille à environ deux millions de parts.
Les actionnaires de l’URTH recevront leur prochain dividende le 15 juin 2026, après une année où la croissance des distributions a franchi la barre des 20%. L’ETF affiche par ailleurs une performance annuelle d’environ 19%. Une autre potentielle méga-capitalisation pourrait bientôt rejoindre la scène : SpaceX vise une introduction en Bourse sur le Nasdaq en juin, avec une valorisation estimée à plus de 1 000 milliards de dollars, un événement qui déplacerait encore un peu plus les pondérations vers les États-Unis au sein de l’indice MSCI World.
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