Alors que le titre du géant danois s’enfonce dans des territoires inexplorés depuis des mois, c’est finalement du laboratoire que provient le seul véritable motif d’espoir. Novo Nordisk vient de dévoiler des résultats cliniques prometteurs pour deux traitements distincts — l’un destiné aux enfants diabétiques, l’autre aux patients atteints de drépanocytose — mais ces avancées peinent à enrayer la dégringolade boursière. L’action a clôturé à 32,97 euros jeudi, portant sa chute à près de 26 % depuis le début de l’année, et à près de 40 % sur douze mois.
Une piste orale pour les jeunes diabétiques
Le groupe scandinave entend bien devenir le premier à proposer une thérapie GLP-1 par voie orale aux enfants et adolescents. L’étude PIONEER, déterminante, a livré ses conclusions : après six mois de traitement, les jeunes patients atteints de diabète de type 2 ont vu leur taux de sucre sanguin à long terme baisser de 0,83 point de pourcentage de plus que ceux ayant reçu un placebo. Une différence statistiquement significative qui ouvre la voie à un dépôt de dossier réglementaire aux États-Unis et en Europe, prévu pour le second semestre 2026.
Face à Eli Lilly, dont le médicament injectable affiche une réduction glycémique nettement supérieure, Novo Nordisk mise sur l’avantage pratique de la pilule. Administrer un comprimé plutôt qu’une injection change la donne dans le quotidien des adolescents — un argument commercial de poids.
Etavopivat : une bouffée d’oxygène venue du sang
Parallèlement, le laboratoire danois a dévoilé les résultats de l’étude HIBISCUS portant sur l’Etavopivat, un candidat-médicament acquis en 2022 pour 1,1 milliard de dollars via le rachat de Forma Therapeutics. Cette molécule, destinée à la drépanocytose, a rempli ses deux critères principaux d’évaluation. Sur 385 patients âgés d’au moins douze ans, ceux traités par Etavopivat 400 mg ont subi 27 % de crises vaso-occlusives en moins par an que le groupe placebo. Le délai avant la première crise s’est établi à 38,4 semaines en moyenne, contre 20,9 semaines. Surtout, 48,7 % des patients traités ont vu leur taux d’hémoglobine augmenter de plus de 1 g/dL, contre seulement 7,2 % sous placebo.
Le timing est stratégique. Pfizer a retiré son traitement Oxbryta du marché en septembre 2024, laissant un vide que Novo Nordisk espère bien combler. La maladie touche environ huit millions de personnes dans le monde, dont 100 000 aux États-Unis et 110 000 en Europe. Le dossier bénéficie déjà de plusieurs désignations accélérées de la FDA — Fast Track, Rare Pediatric Disease et Orphan Drug — ainsi que du statut Orphan Drug en Europe. La demande d’autorisation est attendue pour le second semestre 2026.
Le couperet des prévisions
Ces succès cliniques contrastent violemment avec la réalité financière. Pour l’exercice 2026, Novo Nordisk table sur un recul de son chiffre d’affaires à changes constants compris entre 5 et 13 %. Les négociations tarifaires imposées par Medicare Part D aux États-Unis pèsent lourd, tout comme la restructuration en cours, dont le coût est estimé à huit milliards de couronnes danoises. L’arrivée d’Amazon sur le marché des GLP-1 avec son propre programme direct ajoute une pression concurrentielle inédite.
À la Bourse, le signal est clair : l’indice de force relative (RSI) est tombé à 17,8 points, seuil extrême de survente. L’écart avec la moyenne mobile à 200 jours dépasse les 23 %. Le titre évolue désormais à 32,80 euros, très loin du record absolu atteint l’été dernier.
Une diversification nécessaire
Novo Nordisk cherche à réduire sa dépendance au segment GLP-1, qui a fait sa fortune mais devient aujourd’hui un boulet. Outre les deux candidats déjà cités, le groupe prévoit de déposer des demandes d’extension d’indication pour l’Ozempic en comprimé et pour Rybelsus aux États-Unis et dans l’Union européenne, toujours au second semestre 2026. La décision de la FDA concernant CagriSema, le successeur très attendu, est attendue autour du Nouvel An.
Les données détaillées de l’étude HIBISCUS seront présentées lors d’un congrès scientifique dans l’année. Le 6 mai prochain, la publication des résultats trimestriels complets offrira au management l’occasion de justifier des perspectives moroses. Pour l’instant, les investisseurs regardent la feuille de route clinique avec espoir, mais le chemin vers un rebond boursier reste semé d’embûches.
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