L’écart se creuse entre la déferlante logicielle de Nvidia et l’explosion des coûts matériels. Alors que le groupe californien vient de lancer son nouveau modèle d’intelligence artificielle Nemotron 3 Nano Omni, capable de traiter simultanément image, son et texte, les tarifs de ses puces atteignent des sommets vertigineux. Le titre, qui s’échange autour de 180 euros, tutoie son plus haut annuel, porté par une progression de 88 % sur douze mois et de 25 % sur un mois.
Le marché de la location de puissance de calcul connaît une flambée sans précédent. Selon l’indice « Ornn Price Index », le prix de location d’une puce Nvidia B200 a bondi de 114 % en six semaines, frôlant désormais les cinq dollars de l’heure. Sur le marché parallèle, un seul exemplaire de ce processeur se négocierait aux alentours de 500 000 dollars. Google s’est taillé la part du lion dans les capacités disponibles, laissant de nombreux acteurs sur le carreau. Les analystes n’anticipent pas d’accalmie avant le second semestre 2026.
Cette inflation transforme en profondeur l’économie du secteur. Bryan Catanzaro, vice-président de Nvidia, observe un phénomène inédit : chez certaines entreprises, les dépenses consacrées à la puissance de calcul dépassent désormais la masse salariale. Le terme « Tokenmaxxing » a même fait son apparition dans le jargon industriel pour décrire cette course effrénée. Les géants de la tech devraient investir 740 milliards de dollars cette année dans leurs infrastructures d’IA, un montant qui pèse lourdement sur les bilans. Uber aurait déjà épuisé l’intégralité de son budget alloué à l’IA pour 2026.
OpenAI, le développeur de ChatGPT, n’est pas épargné. La société devrait brûler 25 milliards de dollars cette année après avoir manqué ses objectifs de revenus au premier trimestre. Conséquence directe : elle a rompu son partenariat exclusif avec Microsoft Azure et cherche désormais des alternatives moins onéreuses auprès d’autres fournisseurs de cloud.
Pour répondre à cette demande insatiable, Nvidia muscle sa chaîne d’approvisionnement. Tower Semiconductor, l’un de ses fournisseurs, quintuple actuellement sa capacité de production de composants destinés aux nouveaux modules pour centres de données. Parallèlement, le groupe explore de nouveaux horizons. L’opérateur télécoms Orange envisage ainsi d’abandonner ses puces spécialisées pour adopter les processeurs graphiques de Nvidia dans son infrastructure 5G, en partenariat avec Nokia. Laurent Leboucher, directeur technique d’Orange, tempère toutefois cet enthousiasme en pointant le risque d’une dépendance excessive à la plateforme de développement du géant américain.
La concurrence, elle, s’organise. AMD et Intel ont récemment présenté des standards communs pour unifier l’accélération de l’IA à l’échelle du secteur. Google explore également de nouvelles voies techniques. Jensen Huang, le PDG de Nvidia, ne semble pas s’en inquiéter. Alors que les livraisons de la nouvelle génération Blackwell battent leur plein, le groupe prépare déjà la suivante, baptisée Vera Rubin, dont la sortie est attendue pour fin 2026.
Tous les regards se tournent désormais vers le 20 mai. Ce jour-là, la directrice financière Colette Kress commentera par écrit les résultats du premier trimestre, avant que la direction ne réponde aux questions des analystes. L’enjeu est de taille : atteindre les 78 milliards de dollars de chiffre d’affaires visés, hors activité chinoise, pour conforter une valorisation qui dépasse les cinq billions de dollars.
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