La mécanique bien huilée de Nvidia montre soudain des signes de grippage. Le géant des semi-conducteurs a vu son titre chuter de près de 5 % en une seule séance, pour s’établir autour de 171,10 euros. Ce mouvement ne doit rien au hasard : il cristallise une conjonction de facteurs qui, pour la première fois depuis l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle, ébranle la position dominante du concepteur de puces californien.
La défection des hyperscalers, un tournant stratégique
Jusqu’à présent, Google, Amazon et Alphabet se contentaient de louer leurs propres processeurs — TPU, Trainium — via leurs plateformes cloud, sans jamais les commercialiser directement. Ce temps est révolu. Les trois géants du numérique préparent désormais la vente externe de leurs puces, un changement de cap qui menace directement les 90 % de parts de marché que Nvidia détient dans le secteur des accélérateurs d’IA. Les analystes jugent cette évolution irréversible : la volonté de réduire la dépendance à un fournisseur unique est devenue une priorité stratégique pour les hyperscalers.
Cette concurrence interne s’ajoute à d’autres vents contraires. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient perturbent les chaînes d’approvisionnement mondiales, tandis que les mesures chinoises contre la contrebande de puces font grimper le prix des serveurs B300 de Nvidia à près d’un million de dollars l’unité, poussant les clients locaux vers des alternatives. Parallèlement, un rapport sur les performances décevantes d’OpenAI en matière de chiffre d’affaires et de croissance d’utilisateurs a déclenché une rotation sectorielle : les investisseurs délaissent les valeurs d’infrastructure IA au profit d’autres segments, AMD s’en sortant mieux que Nvidia dans ce mouvement.
Des fondamentaux solides, une valorisation qui se normalise
Malgré ces turbulences, la santé financière de Nvidia demeure impressionnante. Au quatrième trimestre de l’exercice 2026, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires record de 68,1 milliards de dollars, en progression de 73 % sur un an, avec une marge opérationnelle avoisinant les 65 %. Le ratio cours-bénéfice est toutefois redescendu de 46x au troisième trimestre à 38x après les derniers résultats, signe d’une normalisation de la valorisation.
Le titre conserve une marge de progression significative : à environ 171 euros, il évolue nettement au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours, ce qui indique que la tendance haussière de fond reste intacte. Sur un an, l’action affiche d’ailleurs une progression de 78 %, et le récent sommet à 182,26 euros n’est pas si loin.
Le 20 mai, un rendez-vous décisif
Les objectifs de cours des analystes, compris entre 268 et 275 dollars, laissent entrevoir un potentiel de hausse considérable. Mais c’est le 20 mai que tout se jouera. Ce jour-là, Nvidia dévoilera les résultats de son premier trimestre de l’exercice 2027. La direction a déjà indiqué viser un chiffre d’affaires trimestriel d’environ 78 milliards de dollars. Les investisseurs guetteront surtout les premières données de ventes de l’architecture Blackwell, qui devront démontrer que la demande pour les puces haut de gamme de Nvidia reste suffisamment robuste pour résister à l’assaut de ses propres clients devenus concurrents.
En toile de fond, les budgets colossaux des hyperscalers continuent d’alimenter le marché : Meta a relevé sa planification d’investissements pour 2026 entre 125 et 145 milliards de dollars, tandis qu’Alphabet vise jusqu’à 190 milliards. Au total, Meta, Alphabet, Microsoft et Amazon prévoient d’injecter environ 725 milliards de dollars dans leurs infrastructures d’ici fin 2026. Un flux de capitaux qui profite à l’ensemble du secteur, mais dont Nvidia devra prouver qu’il peut encore capter la part du lion.
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