Nvidia a dévoilé des résultats trimestriels qui entrent dans l’histoire, avec un chiffre d’affaires de 81,6 milliards de dollars en hausse de 85 % sur un an. Le bénéfice par action ressort à 1,87 dollar, surpassant le consensus qui tablait sur 1,78 dollar. La division data center, moteur de la croissance, a généré à elle seule 75,2 milliards de dollars, soit une progression de 92 % – un bond qui illustre la frénésie d’investissement dans l’intelligence artificielle.
Pourtant, le marché est resté de marbre. L’action a cédé 1,77 % vendredi pour clôturer à 185,54 euros (219,51 dollars). Ce mouvement confirme un schéma observé depuis plusieurs trimestres : des records systématiquement au-dessus des attentes, mais des réactions boursières atones. Depuis février 2022, le gain médian au lendemain des publications est nul, et la moyenne atteint à peine 2,4 %. Le titre évolue actuellement 7 % sous son record absolu de 236,54 dollars, tout en affichant un solide gain de 15 % depuis le début de l’année.
Une générosité inédite envers les actionnaires
L’entreprise a multiplié par vingt-cinq son dividende trimestriel, qui passera à 0,25 dollar par action à partir de fin juin. Parallèlement, le free cash flow a atteint l’impressionnant montant de 48,5 milliards de dollars sur le trimestre. Pour mieux refléter la diversité de ses activités, Nvidia remanie également sa structure de reporting, distinguant désormais les data centers du edge computing.
Le grand abandon chinois
Le principal nuage à l’horizon vient de Pékin. Le PDG Jensen Huang a reconnu sans détour que l’entreprise « abandonne largement » le marché chinois des puces d’IA, repris par Huawei. Les restrictions américaines à l’exportation, renforcées en avril, rendent dorénavant quasi impossible la vente de processeurs avancés en Chine, qui représentait auparavant au moins un cinquième des revenus de la division data center. « Il ne faut rien attendre » des autorisations futures, a prévenu Huang. La guidance pour le deuxième trimestre, à 91 milliards de dollars de chiffre d’affaires, n’intègre d’ailleurs aucune contribution venue de Chine.
Cette perte est présentée comme supportable au vu de la vigueur du marché mondial. Huang évoque « une énorme opportunité de croissance » et n’exclut pas de « devenir une entreprise bien plus grande encore ». Le groupe se tourne vers d’autres secteurs – gouvernements, industries – pour compenser.
Cap sur Taipei et sur la prochaine génération
L’attention se porte désormais sur la GTC Taipei, où Jensen Huang prononcera une keynote le 1er juin à 11 heures, sous le thème « Five-Layer Cake ». Célébrée un jour avant l’ouverture officielle de la Computex, cette conférence doit dévoiler la prochaine vague de l’IA, mêlant computing, physical AI et agentic systems.
Côté hardware, la demande pour les systèmes Blackwell-300 dépasse toujours l’offre – un goulet d’étranglement qui devrait perdurer. La prochaine plateforme, Vera-Rubin, entrera en production au troisième trimestre 2026 comme prévu. En attendant, Nvidia vient de livrer son logiciel Dynamo 1.0, qui accélère les applications d’IA sur les puces existantes.
Le regard des analystes et la suite
Sur les 62 experts interrogés, la note moyenne reste « achat fort », avec un objectif de cours à douze mois de 294,22 dollars – soit plus de 36 % de potentiel. Par ailleurs, le conseil d’administration accueillera le 13 juillet Suzanne Nora Johnson.
La prochaine échéance pour une réévaluation est à peine dans une semaine : la keynote de Taipei peut incarner le catalyseur manquant. À l’inverse, l’érosion du marché chinois demeure un risque tangible, même si Nvidia compte sur l’ampleur de la demande mondiale pour l’absorber.
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