Ce soir, l’attention des marchés spécialisés dans l’intelligence artificielle sera tout entière captée par un événement : la publication des comptes de Nvidia après la clôture de Wall Street. Considéré par de nombreux observateurs comme la publication de résultats la plus cruciale du trimestre, ce rapport est susceptible d’influer non seulement sur la perception du géant des puces, mais aussi sur le rythme de la vague d’investissements dans l’IA. La question n’est pas de savoir si Nvidia continue de croître, mais plutôt d’évaluer la solidité de sa demande, de ses marges et de ses perspectives.
Des attentes colossales pour le dernier trimestre
Les analystes, citant les données de LSEG, anticipent un chiffre d’affaires d’environ 66 milliards de dollars américains pour le trimestre clos le 25 janvier, ce qui représenterait une progression annuelle d’approximativement +68%. Le bénéfice par action est quant à lui estimé à 1,53 dollar, contre 0,89 dollar un an plus tôt. Ces projections sont en ligne avec les prévisions communiquées par la société, qui tablaient sur un revenu de 65 milliards de dollars (±2%).
Un détail attire particulièrement l’attention : bien que Nvidia ait surpassé les attentes des analystes de Wall Street pendant treize trimestres consécutifs, l’écart positif s’est rétréci récemment, selon Reuters. Toute la tension réside dans cette évolution : la dynamique actuelle permettra-t-elle de continuer à surprendre nettement le marché, ou assiste-t-on à une normalisation de la cadence ?
La demande, portée par les géants de la tech
Le socle de la demande reste fermement ancré chez les plus grands clients. Alphabet, Microsoft, Meta et Amazon prévoient d’investir ensemble 650 milliards de dollars en dépenses d’équipement liées à l’IA d’ici 2026, selon Yahoo Finance. Cette manne alimente directement l’écosystème de puces de Nvidia.
Un signal fort est venu récemment de Meta. Le groupe a officialisé mi-février un partenariat stratégique pluriannuel et a annoncé son intention d’acquérir plusieurs millions des dernières puces Nvidia, incluant les GPU Blackwell et Rubin, ainsi que des CPU et des équipements réseau. Si les montants financiers n’ont pas été dévoilés, l’ampleur des volumes commandés illustre la poursuite de la montée en puissance des infrastructures.
Contexte concurrentiel et incertitudes géopolitiques
Malgré sa position dominante, Nvidia fait face à une pression croissante. Reuters rapporte ainsi que Google a conclu un accord pour fournir Anthropic avec ses propres puces TPU et discuterait également avec Meta autour de solutions Custom-Silicon. Ces initiatives ne menacent pas immédiatement Nvidia, mais pourraient, à moyen terme, influencer son pouvoir de fixation des prix et sa courbe de croissance.
En réponse, Nvidia a procédé fin décembre à l’acquisition de la start-up de puces IA Groq, pour un montant estimé à 20 milliards de dollars selon les rapports. Cette opération apporte à Nvidia une expertise en technologie d’inférence, un segment où les solutions ASIC spécialisées gagnent du terrain. Les analystes de Wedbush s’attendent, cités par CNBC, à des précisions sur la feuille de route produit intégrant Groq lors de la conférence téléphonique de ce soir.
La situation en Chine constitue un autre facteur d’incertitude. Un représentant du ministère américain du Commerce a indiqué cette semaine, lors d’une audition, que la puce H200 de Nvidia n’avait, à sa connaissance, pas encore été livrée à des clients chinois. Fin janvier, le PDG Jensen Huang avait pourtant exprimé son espoir d’un feu vert, précisant que la licence était en cours de finalisation, selon Reuters. Même en cas d’avancée, les puces les plus avancées, comme les Blackwell, resteront soumises aux restrictions à l’exportation américaines.
Sur les marchés, l’attente prévaut. Le titre a clôturé hier à 163,76 €, affichant une progression de seulement 1,65% depuis le début de l’année.
Tout l’enjeu résidera donc dans les perspectives dévoilées après les chiffres. Une confirmation de la vigueur de la demande et du calendrier pour la prochaine génération de plateformes étayerait les attentes pour le trimestre d’avril (consensus : environ 72 milliards de dollars de chiffre d’affaires). En revanche, un ton plus prudent pourrait rapidement raviver les débats sur la concurrence, les restrictions à l’exportation et la normalisation de la tendance à surpasser les estimations.
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