La séance de mercredi s’est achevée sur une note fragile pour l’once, qui s’est maintenue à 4 040,60 dollars, soit un repli de 0,46 % sur la journée. Sur un mois, la perte atteint 7,18 %, et le métal jaune abandonne 6,94 % depuis le 1er janvier. Le contraste est saisissant avec le record du 29 janvier 2026 à 5 626,80 dollars, dont l’once est désormais éloignée de 28,19 %. À l’opposé, le plus bas des cinquante-deux semaines (3 901,30 dollars le 28 octobre 2025) n’est plus qu’à 3,57 % — signe que le cours tangue près de ses niveaux annuels les plus bas.
Deux nouvelles économiques majeures se sont pourtant invitées sur le devant de la scène ces derniers jours, mais leurs effets se sont neutralisés. D’un côté, les prix à la production américains ont déçu : l’indice PPI a reculé de 0,3 % en juin par rapport au mois précédent, alors que les économistes tablaient sur une stagnation. La progression annuelle est tombée à 5,5 %, et la probabilité d’un relèvement des taux de la Fed en juillet a nettement reculé, passant d’environ 35 à 22 points de base, selon FXStreet. De l’autre côté, l’indice des prix à la consommation (CPI) a lui aussi ralenti, à 3,5 % sur un an (2,6 % pour le noyau dur), ce qui a allégé la pression sur les rendements obligataires – le 10 ans américain est redescendu autour de 4,59 %.
Mais le reflux des anticipations de hausse des taux, favorable à l’or en théorie, a été balayé par la flambée du pétrole. Les opérations militaires américaines dans le golfe Persique et le blocus naval décrété dans le détroit d’Ormuz ont propulsé le brut WTI au-dessus de 79 dollars et le Brent au-delà de 85 dollars. L’Iran a menacé de suspendre ses exportations énergétiques, provoquant un choc d’offre redouté. Ce scénario crée un paradoxe pour l’or : en temps normal, une escalade géopolitique attire les flux vers la valeur refuge ; cette fois, la crainte d’une guerre prolongée et de ses répercussions inflationnistes a poussé certains opérateurs à vendre, comme l’a relevé la presse régionale. Le 15 juillet, l’once a brièvement perdu 1 % avant de réduire ses pertes.
Dans ce climat tendu, le nouveau président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, a livré sa première audition devant le Sénat. Il a réaffirmé l’indépendance de l’institution et évoqué une réduction « progressive » du bilan, actuellement de 6 800 milliards de dollars. Il a également tempéré les craintes d’une inflation structurelle liée à l’intelligence artificielle, jugeant que des hausses de prix ponctuelles ne doivent pas être confondues avec une dynamique durable. Ses collègues du FOMC restent partagés : la gouverneure Lisa Cook se tient prête à agir si la désinflation ne se confirme pas, tandis que John Williams, président de la Fed de New York, estime que l’inflation, autour de 4 %, a peut-être déjà atteint son pic.
L’analyse technique confirme la fragilité ambiante. L’once évolue 6,73 % sous sa moyenne mobile à 50 jours (4 332,01 dollars) et 11,00 % sous la moyenne à 200 jours (4 540,12 dollars). Le RSI à 40,2 traduit une faiblesse sans pour autant signaler une situation de survente. La volatilité annualisée sur trente jours atteint 28,06 %, reflet des à-coups quotidiens. Les soutiens se concentrent autour de 4 000 dollars, seuil psychologique dont la rupture ouvrirait la voie vers 3 950, voire 3 000 dollars, selon certains stratèges. À la hausse, la zone 4 091–4 104 dollars constitue une première résistance notable.
Un élément fondamental contribue toutefois à éviter un décrochage plus violent : l’appétit des banques centrales pour l’or physique. Selon le World Gold Council, les institutions officielles poursuivent leurs achats afin de diversifier leurs réserves. La Chine a ainsi étoffé ses avoirs de près de 15 tonnes en juin, et la Pologne figure également parmi les acquéreurs réguliers. Cette demande institutionnelle compense en partie la pression exercée par des taux réels élevés et offre au métal jaune un plancher temporaire autour de 4 000 dollars. Tant que les tensions au Moyen-Orient n’évolueront pas et que la Fed ne clarifiera pas sa trajectoire, l’or devrait osciller entre ces deux forces contraires.
Publicité
Gold: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de Gold et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de Gold entièrement gratuite : En savoir plus ici !

