Le titre Sanofi continue de subir la défiance des investisseurs, alors même que les résultats du premier trimestre 2026 affichent une santé opérationnelle remarquable. À 73,31 euros vendredi, l’action évolue dangereusement près de son plus bas des douze mois (72,70 euros), et le repli depuis le début de l’année atteint déjà 11 %. La nouvelle PDG, Belén Garijo – première femme à la tête du groupe – hérite d’une situation paradoxale : les fondamentaux tiennent, mais les catalyseurs de court terme manquent cruellement pour rassurer le marché.
Le recentrage de Morgan Stanley a accentué la pression. L’analyste a dégradé sa recommandation à « Market‑Weight » et abaissé l’objectif de cours à 90 euros, invoquant l’absence de grands catalyseurs dans le pipeline avant 2027. La sanction boursière est immédiate : l’écart avec la moyenne mobile à 200 jours dépasse désormais 11 %, et le trend haussier de moyen terme est clairement brisé.
Pourtant, le cœur de métier délivre des performances solides. Le chiffre d’affaires du groupe, à données comparables, a bondi de près de 14 % au premier trimestre, tandis que le bénéfice par action a progressé au même rythme. La direction a confirmé ses objectifs annuels. La division vaccins n’est pas en reste : malgré le changement de recommandations des autorités sanitaires, elle affiche une croissance de 2,1 %, portée notamment par l’acquisition d’un nouveau vaccin contre l’hépatite B. Cette intégration ciblée sert de bouclier face aux variations de la politique vaccinale et à la concurrence croissante des biosimilaires en Europe.
Côté pipeline, le tableau reste contrasté. L’Agence européenne du médicament a récemment recommandé l’autorisation de Cenrifki pour la sclérose en plaques, décision finale de la Commission attendue dans les prochains mois. Aux États‑Unis, en revanche, la FDA a refusé l’homologation fin 2025, pointant des risques de lésions hépatiques sévères et des données d’efficacité insuffisantes. Des mesures de surveillance renforcées devraient tenter de lever ces obstacles. Parallèlement, le blockbuster Dupixent a livré des résultats positifs de phase 4 sur l’amélioration de la fonction œsophagienne. Au total, 77 projets cliniques sont en cours.
Sur le front du dividende, Sanofi reste un pilier de la rémunération actionnariale. Le groupe a versé début mai 4,12 euros par action, marquant la 27e augmentation consécutive. Ce soutien tangible ne suffit cependant pas à inverser la tendance boursière. Les investisseurs attendent désormais le rendez‑vous du 30 juillet, date de publication des résultats du deuxième trimestre, pour jauger si la masse des 77 projets pourra compenser l’absence de catalyseurs immédiats. À plus long terme, le groupe mise aussi sur les marchés émergents – notamment l’Inde, dont le potentiel de croissance à l’horizon 2030 est jugé porteur – pour ancrer sa stratégie de portefeuille dans une dynamique mondiale.
Publicité
Actions Sanofi: Acheter, conserver ou vendre ?
Téléchargez gratuitement votre analyse de Sanofi et obtenez la réponse que vous cherchiez ! À quelle adresse e-mail pouvons-nous vous envoyer votre analyse gratuite ?
Obtenir une analyse de Sanofi entièrement gratuite : En savoir plus ici !

