L’ambivalence règne sur le titre TotalEnergies. D’un côté, le groupe déploie des rachats d’actions massifs et engrange des bénéfices records grâce au trading. De l’autre, les risques géopolitiques perturbent ses actifs de production et une coalition européenne s’apprête à réclamer une taxe sur les « superprofits ».
En première semaine de mai, TotalEnergies a acquis 1,493 million de ses propres actions pour un montant total d’environ 115 millions d’euros. Le prix moyen pondéré s’élève à 76,98 euros, avec des volumes quotidiens assez homogènes. Le cours de clôture de la période ressort à 75,52 euros, tandis que le titre se négocie aujourd’hui autour de 77,89 euros, à proximité de son plus haut annuel de 80,01 euros. Depuis le début de l’année, l’action affiche une progression de 37,91 %.
Cette politique de rachat s’appuie sur une génération de cash abondante grâce aux activités de négoce. Au premier trimestre 2026, TotalEnergies a dégagé 800 millions de dollars de gains supplémentaires rien que sur le trading énergétique, profitant d’une volatilité extrême. Le pétrole brut Brent a brièvement dépassé les 126 dollars lors de l’escalade au Moyen-Orient. Résultat : le bénéfice net s’est établi à 5,4 milliards de dollars, en hausse de 29 % sur un an, et grimpe même à 5,8 milliards (+51 %) si l’on inclut les performances exceptionnelles du trading. Les analystes estiment que le prix du baril devrait rester à trois chiffres au moins jusqu’au troisième trimestre.
Mais la situation opérationnelle est bien moins brillante. En raison des conflits au Proche-Orient, le groupe prévoit une baisse de production d’environ 15 %, affectant notamment ses sites au Qatar, en Irak et au large des Émirats arabes unis. Selon le management, une hausse de 8 dollars du Brent par rapport à un prix de base de 60 dollars suffirait à compenser la perte de cash-flow. Par ailleurs, le PDG Patrick Pouyanné a tiré la sonnette d’alarme : depuis le début du conflit, la demande mondiale a puisé 500 millions de barils dans les réserves stratégiques, avec un prélèvement quotidien de 10 à 13 millions de barils. La production dans le golfe Persique se serait effondrée de 57 %, et JPMorgan prévient que des prix à 150 dollars sont possibles cet été si le détroit d’Ormuz reste perturbé.
Dans ce contexte, les superprofits du trading attisent la convoitise des politiques. L’Allemagne, l’Autriche, l’Espagne, l’Italie et le Portugal poussent pour une taxation coordonnée au niveau de l’Union européenne sur les bénéfices exceptionnels des énergéticiens. Au Royaume-Uni, le gouvernement examine un relèvement de l’Energy Profits Levy, actuellement fixé à 38 %. De quoi assombrir l’horizon pour les actionnaires.
Côté rémunération, TotalEnergies maintient le cap. Pour l’exercice 2026, une première tranche de dividende de 0,90 euro par action a été proposée, en hausse de 5,9 % par rapport à l’acompte précédent. En juin, un détachement de 0,85 euro est attendu. Le rendement annuel atteint 4,5 %, pour un PER de 7,7. Parallèlement, le groupe investit dans l’avenir avec le supercalculateur Pangea 5, dont le développement doit débuter en 2027 pour améliorer l’imagerie sismique et les applications d’IA – un levier de long terme sans effet immédiat sur le cours.
L’assemblée générale ordinaire et extraordinaire, prévue fin mai à Paris, sera le théâtre de ces tensions. Entre une redistribution généreuse, des risques de production et une pression fiscale grandissante, le titre TotalEnergies reste suspendu aux signaux opérationnels et politiques.
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