La fièvre du tungstène ne retombe pas. En douze mois, l’action Almonty Industries a bondi de près de 680 %, dont 135 % depuis le seul début de l’année. À 28,25 dollars canadiens, le titre reste à environ 12 % de son record historique atteint mi-avril. Mais derrière ces chiffres vertigineux, c’est toute une stratégie industrielle et politique qui se met en place.
Le conseil d’administration a jusqu’au 30 avril pour trancher sur le futur de la structure du capital. Les actionnaires ont déjà approuvé un regroupement d’actions dans une proportion pouvant aller jusqu’à cinq pour une. Une décision lourde de conséquences : en réduisant le nombre de titres en circulation, le management peut mécaniquement faire grimper le cours apparent, attirant ainsi les investisseurs institutionnels. Mais l’option de renoncer purement et simplement à cette mesure reste ouverte.
La mine sud-coréenne entre en production
Le véritable catalyseur opérationnel se trouve en Corée du Sud. L’usine de traitement de Sangdong tourne déjà et devrait livrer environ 2 300 tonnes de concentré de tungstène par an. Les analystes de DA Davidson anticipent un passage en régime commercial intégral dès le deuxième trimestre en cours. Une deuxième phase d’expansion, programmée pour 2027, doublerait la capacité. À pleine charge, Sangdong pourrait alors couvrir près de 40 % de la demande mondiale de tungstène en dehors de la Chine.
Le rapport trimestriel de mai fournira les premiers chiffres de production concrets de ce site stratégique. De quoi donner une assise financière solide à une entreprise longtemps considérée comme un simple développeur.
La géopolitique comme moteur
Pékin a drastiquement restreint ses exportations de produits à base de tungstène, limitant les licences à quelques groupes d’État. Les fournisseurs japonais tirent la sonnette d’alarme : des géants des semi-conducteurs comme Samsung ou SK Hynix pourraient se retrouver à court de matière première dès l’été pour leur production de mémoire 3D NAND.
Almonty se positionne comme l’alternative occidentale. Washington a explicitement exempté ses minerais et concentrés des droits de douane de rétorsion. À partir de 2027, un mandat du Pentagone contraindra les groupes de défense américains à s’approvisionner exclusivement auprès de sources non chinoises.
Une implantation américaine accélérée
Pour répondre à cette demande, Almonty a transféré son siège social de Toronto à Dillon, dans le Montana, le 13 avril 2026. Un déménagement qui n’a rien d’anecdotique : la société se rapproche ainsi de son projet Gentung, acquis récemment. Les travaux de développement de ce gisement américain avancent à plein régime, avec un objectif de mise en production pour le second semestre 2026. La capacité annuelle attendue est de 140 000 unités métriques, offrant à Almonty un deuxième pilier stratégique sur le marché nord-américain.
Avec une capitalisation boursière d’environ 5 milliards de dollars canadiens et un RSI de 63 — encore loin du surachat —, le titre conserve un potentiel. Mais la volatilité annualisée dépasse les 100 %. Le prochain test décisif sera le démarrage effectif de Gentung : si le calendrier est tenu d’ici fin 2026, la valorisation gagnera une nouvelle crédibilité opérationnelle.
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