Le titre de Nvidia a clôturé en hausse pour la onzième séance consécutive, flirtant brièvement avec la barre des 200 dollars. Cette dynamique boursière s’appuie sur une stratégie d’alliances tous azimuts, destinée à consolider son écosystème à un rythme effréné. La dernière en date, annoncée le 16 avril à Santa Clara avec Cadence Design Systems, vise à combler l’écart entre l’entraînement simulé et les performances réelles des robots en intégrant ses moteurs de simulation physique aux bibliothèques Isaac et aux modèles Cosmos de Nvidia.
Cette offensive partenariale ne se limite pas à la robotique. Fin mars, le géant des puces a investi deux milliards de dollars dans Marvell Technology. L’objectif est clair : utiliser la technologie NVLink de Nvidia pour intégrer les semi-conducteurs sur mesure de Marvell, conçus pour les plateformes Maia de Microsoft et Trainium d’Amazon, dans les infrastructures GPU existantes. Une manœuvre pour renforcer son ancrage dans le lucratif marché des centres de données.
Une production sous tension et des vents contraires
La demande explosive pour les puces d’intelligence artificielle dépasse largement les capacités de production. Le fondeur taïwanais TSMC, partenaire clé de Nvidia, en est la preuve vivante. Son bénéfice du premier trimestre a bondi de 58% pour atteindre environ 572 milliards de dollars taïwanais, dépassant toutes les attentes. L’entreprise a même relevé ses prévisions de croissance annuelle à plus de 30%, un signal fort pour l’ensemble du secteur. William Li, analyste chez Counterpoint Research, anticipe une industrie en rupture de stock jusqu’à fin 2026.
Pour sécuriser ses approvisionnements, Nvidia mise aussi sur la relocalisation. La première ligne de production en 4 nanomètres de l’usine TSMC en Arizona, financée par le CHIPS Act, a démarré début 2025. Les premières galettes de la nouvelle architecture Blackwell y ont été produites en octobre de la même année, avec une ligne en 2 nm prévue pour 2028.
Cette expansion se heurte cependant à des contraintes géopolitiques. Les contrôles à l’exportation américains obligent Nvidia à cesser les ventes de ses puces les plus avancées, comme le H200, vers la Chine. Le groupe ne prévoit plus de revenus significatifs provenant des centres de données chinois à moyen terme. Une situation que le PDG Jensen Huang, pragmatique, avait commentée en novembre 2025, jugeant « extrêmement insensé » de considérer Pékin uniquement comme un adversaire, au risque de fragmenter l’écosystème technologique mondial.
Innovation quantique et surveillance réglementaire
Parallèlement, Nvidia étend son influence à la frontière de l’informatique quantique. La société a récemment dévoilé « Ising », une famille de modèles open-source pour l’IA quantique. Son plus grand modèle, comptant 35 milliards de paramètres, permettrait de calibrer et de corriger les erreurs des processeurs quantiques avec une vitesse et une précision supérieures aux standards actuels. Des institutions prestigieuses comme l’Université Harvard et le Lawrence Berkeley National Laboratory l’utilisent déjà.
Cette poussée technologique et commerciale attire l’attention des régulateurs. La sénatrice américaine Elizabeth Warren a exigé le 15 avril des éclaircissements sur l’acquisition par Nvidia de SchedMD, l’éditeur du gestionnaire de charges de travail Slurm. Ce logiciel, critique pour environ 60% des supercalculateurs mondiaux, y compris ceux utilisés pour des simulations nucléaires, place le groupe sous un feu politique potentiel. Nvidia a jusqu’au 5 mai pour répondre.
Des fondamentaux solides qui convainquent la Wall Street
Malgré ces vents contraires, la santé financière du groupe reste robuste. Sur le dernier trimestre, le chiffre d’affaires a atteint 68,13 milliards de dollars, en progression de 73% sur un an. Le bénéfice par action de 1,62 dollar a surpassé les attentes. Cette performance soutient l’optimisme des analystes. Raymond James a réaffirmé sa notation « Strong Buy » et porté son objectif de cours à 323 dollars, l’analyste Simon Leopold tablant sur des ventes cumulées de GPU atteignant des milliers de milliards de dollars d’ici 2027.
Les investisseurs institutionnels suivent le mouvement, à l’image de Perpetual Ltd qui a accru sa position de 371% au quatrième trimestre 2025. Un signal contrasté par les ventes d’insiders pour environ 38,5 millions de dollars sur les 90 derniers jours. Les prochains résultats, attendus fin mai, devraient apporter des précisions cruciales sur les volumes de production de l’architecture Blackwell et les avancées de la future plateforme Rubin. La capacité de Nvidia à maintenir ses marges face à la concurrence d’AMD et d’Intel sera alors scrutée comme le prochain test de résistance de son irrésistible ascension.
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