La présence simultanée de Nvidia sur deux continents cette semaine est plus qu’un simple exercice de communication. Alors que la Hannover Messe se poursuit jusqu’au 24 avril et que la NAB Show à Las Vegas s’est achevée le 22, le fabricant de puces démontre sa capacité à s’implanter durablement dans les chaînes de valeur de ses clients, une approche qui porte ses fruits face à une demande d’IA insatiable.
L’annonce phare de la semaine vient du renforcement de l’alliance avec Google Cloud. Lors de la conférence Next, les deux groupes ont dévoilé l’intégration de la nouvelle architecture Vera Rubin. Pour les clients, le gain est substantiel : les instances A5X, basées sur les systèmes NVL72 de Nvidia, réduisent les coûts d’inférence par token de 90% et multiplient par dix le débit par mégawatt. La puissance de calcul atteint des sommets, avec la possibilité de regrouper jusqu’à 80 000 GPU Rubin sur un seul site, et près d’un million à travers plusieurs data centers.
Cette avancée technologique s’inscrit dans une stratégie commerciale délibérée. Le PDG Jensen Huang a réaffirmé lors du Adobe Summit que Nvidia ne vendrait jamais ses accélérateurs d’IA au plus offrant, rejetant les prix dynamiques au profit d’un modèle fixe et d’un système de file d’attente strict. L’objectif est de garantir une prévisibilité aux entreprises qui engagent des milliards dans leurs infrastructures, consolidant ainsi des relations client à long terme. Cette méthode semble payante, puisque le carnet de commandes pour les nouvelles plateformes est rempli jusqu’à fin 2027, représentant environ 1000 milliards de dollars.
En parallèle, à Hanovre, Nvidia et ses partenaires comme Siemens, SAP, ABB et Microsoft présentent des applications concrètes pour l’industrie. Le projet central est le cloud d’IA industrielle de Deutsche Telekom, construit sur le framework Nvidia et opérant sur des dizaines de milliers de GPU à Munich. Il permet aux entreprises d’exécuter des modèles sans construire de supercalculateur. Des solutions comme le Vision Execution System d’Invisible AI, déjà déployé chez Toyota pour surveiller les cycles de production, illustrent cette pénétration du marché.
Sur le front créatif, à Las Vegas, plus de 60 000 professionnels des médias ont découvert des outils optimisés GPU. Adobe et Nvidia ont présenté un nouveau mode couleur 32 bits pour Premiere Pro, accéléré par GPU. Par ailleurs, Unsloth et Nvidia ont amélioré de 15% les performances de fine-tuning sur les GPU Nvidia, tandis que Google a optimisé sa famille de modèles Gemma-4 pour cette même architecture.
Cet activisme commercial se déploie dans un environnement économique porteur. TSMC a annoncé mi-avril un bénéfice en hausse de 58% au premier trimestre, son quatrième record consécutif, confirmant la vigueur exceptionnelle de la demande en IA. Le titre Nvidia, coté à environ 171 euros, a progressé de 13% sur le mois et a presque doublé sur un an. Sur 54 analystes suivis par Bloomberg, 52 recommandent l’achat, avec un objectif de cours moyen de 275 dollars.
Le calendrier des prochains mois est chargé. Le 20 mai, la direction présentera les résultats du premier trimestre de l’exercice 2027, avec une prévision de chiffre d’affaires d’environ 78 milliards de dollars, dans laquelle les revenus chinois du segment data center ne sont pas inclus. Peu après, Jensen Huang ouvrira la Computex à Taipei, mettant l’accent sur les écosystèmes régionaux d’IA, dont un important projet d’infrastructure en Allemagne. Ces perspectives restent toutefois assombries par le risque persistant des contrôles à l’exportation, certains sénateurs américains ayant demandé en mars la suspension des licences d’exportation des H200 vers Chine accordées en janvier.
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